Les remboursements des tarifs douaniers de Trump débutent mardi prochain

Le président américain Donald Trump, le 5 mai 2026.
REUTERS - Evan Vucci

Le président américain Donald Trump, le 5 mai 2026.
REUTERS - Evan Vucci
C'est imminent. L’Agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP) a déclaré ce lundi que les premiers remboursements électroniques liés aux tarifs douaniers du président Donald Trump, jugés illégaux par la Cour suprême, commenceraient dès mardi prochain, soit le 12 mai.
Lundi 20 avril, l'Agence américaine des douanes (CBP) a annoncé l'ouverture de son portail de remboursement pour les entreprises, qui devront préciser les produits concernés. En cas de validation de la demande, le délai de remboursement sera de 60 à 90 jours, a précisé la CBP.

Selon l’Agence des douanes, jusqu’à 166 milliards de dollars de prélèvements perçus par la CBP au titre des taxes imposées par Trump sont assujettis à ces remboursements. Plus de 330 000 importateurs sont concernés, pour plus de 53 millions d’envois de marchandises aux États-Unis.
À noter : dans l'immédiat, seules les demandes concernant les démarches douanières non finalisées, ou celles concernant des produits entrés récemment, seront examinées. Pour bénéficier de remboursements, les importateurs doivent s’inscrire au système de paiement électronique du CBP.
Autre modalité importante : le remboursement ne se limite pas au montant nominal de la taxe. Les autorités américaines doivent verser des intérêts calculés sur la période où l'argent a été indûment conservé. Une entreprise ayant payé plusieurs millions de dollars de taxes l'an dernier verra son gain financier augmenter. Cela pourrait doper significativement son bénéfice net en 2026.
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Reste cette question : les consommateurs particuliers ayant payé un produit surtaxé seront-ils remboursés ? À ce jour, l'Agence américaine des douanes a indiqué qu'elle rembourserait uniquement et directement les entreprises concernées. Ces dernières ne sont pas tenues, de manière obligatoire, de retransférer ces sommes à leurs clients.
Des recours collectifs sont en cours d'instruction. Ils visent à contraindre des entreprises comme Costco ou le fabricant de lunettes Ray-Ban à rembourser les acheteurs. La société de livraison FedEx, qui a fait payer les surtaxes directement à ses clients, a déjà indiqué qu’elle les rembourserait. D'autres sociétés du même secteur vont peut-être suivre la même voie, comme UBS.
Il existe aussi ce cas de figure : de nombreuses entreprises n'ont pas répercuté l'intégralité de l'ancienne surtaxe douanière afin de rester compétitives. Elles pourraient donc choisir de garder le remboursement pour compenser les pertes de marges subies l'année dernière.
Pour rappel, le 20 février 2026, la Cour suprême américaine a rendu un jugement selon lequel Donald Trump avait outrepassé son autorité en utilisant une loi américaine de 1977 pour instaurer des droits de douane.
Tout de suite après cette décision, le locataire de la Maison Blanche avait annoncé une nouvelle surtaxe de 10 %, effective depuis le 24 février, se basant sur un autre texte de loi, plus robuste au niveau juridique.
En outre, vendredi dernier, le président américain Donald Trump a créé la surprise en annonçant qu'il augmenterait cette semaine les droits de douane sur les voitures et les camions de l'UE à 25 %. Une mesure qui inquiète les constructeurs automobiles européens, notamment allemands.
Le président américain estime que le bloc européen ne respecte pas les termes de l’accord commercial scellé en Écosse, en juillet dernier. De fait, neuf mois plus tard, l’UE n’a toujours pas supprimé les droits de douane sur les biens industriels américains importés, comme les deux parties en avaient convenu.
Le Parlement européen a suspendu deux fois la validation de l'accord commercial UE-Etats-Unis. Cette décision fait suite aux nouvelles menaces de Donald Trump.
Manfred Weber, le chef du Parti populaire européen (centre droit), principal groupe au Parlement européen, a déclaré cette semaine que les négociations devaient aboutir rapidement afin de permettre au Parlement de donner son accord définitif ce mois-ci.
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