À en croire Google Trends, l’outil de mesure des tendances de Google, ces six derniers mois marquent un point culminant de l’intérêt des internautes pour le concept de « polycrise ». On ne compte plus les études qui mobilisent ce terme pour éclairer un enjeu, au point que certains lui prédisent déjà une obsolescence rapide. « Si les dernières années ont été marquées par l’ère de la “polycrise”, alors 2026 marque l’aube d’un nouveau désordre mondial », écrit ainsi un chroniqueur du magazine Time. À l’automne, des chercheurs américains recensaient les usages, définitions et mécanismes du concept, concluant que le mot « demeure un terme à la mode, sans définition précise ».
En France, bien que particulièrement en vogue, le concept revêt une profondeur théorique plus marquée, directement reliée aux travaux d’Edgar Morin sur la pensée complexe. Au début de l’hiver, chercheurs, diplomates, responsables politiques et journalistes se sont réunis au Sénat pour un colloque intitulé « Comprendre et combattre la polycrise ». À l’origine de l’événement : Thomas Friang, fondateur et directeur général de l’Institut Open Diplomacy, et directeur de cette étude prospective de plus de 450 pages, visant précisément à stabiliser et « rendre opérationnelle » cette notion.