Alors que se tient le Paris Air Forum ce 13 juin, Guillaume Faury, président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) décrypte les évolutions de la filière aéronautique et défense, depuis le résultat des élections européennes sur l'effort de décarbonation de l'aviation jusqu'à l'apport de l'intelligence artificielle et des ordinateurs quantiques sur toute la chaîne de production. Accès à l'espace, souveraineté, politique de défense... le patron de la filière livre son analyse.LA TRIBUNE - Nous sommes en plein période d'élections européennes (l'interview a été réalisée fin mai en amont du Paris Air Forum, ndlr). Qu'attendez-vous à l'issue de ces élections et des futures institutions européennes, notamment pour soutenir la décarbonation de l'aviation ?
GUILLAUME FAURY - C'est un sujet important. Nous sommes une filière avec un impact global, mais la taille critique est la taille européenne et donc ces élections sont importantes. L'Europe a soutenu au fil des décennies son aviation, son industrie aérospatiale et il est important que cela continue. Pour autant, il y a un agenda très clair de décarbonation en Europe, aligné avec celui de la filière. Donc, ce qui va être important pour nous, c'est d'avoir de la continuité dans le soutien à la filière aérospatiale et l'aviation comme dans le soutien à la décarbonation. Toute la difficulté est d'arriver à faire les deux en même temps. C'est pour cela que nous avons besoin d'un travail efficace et coopératif dans le domaine industriel, entre les entreprises et les pouvoirs publics, en particulier européens.
Face à cette difficulté de l'Europe à accélérer, y a-t-il un risque de voir certains chantiers - comme Refuel Eu Aviation, le Net Zero Industry Act ou le Ciel unique européen - ne pas atteindre leur plein potentiel ?
Ce sont des programmes qui vont dans la bonne direction, mais pour lesquels nous avons des problèmes de vitesse d'exécution. Que ce soit sur le Ciel unique européen ou sur le développement des carburants durables pour l'aviation, dits SAF, nous avons besoin d'aller vite. C'est là que nous attendons les pouvoirs publics et où les pouvoirs publics attendent les industriels. C'est un jeu coopératif qui doit se mettre en place. Nous attendons des nouvelles institutions européennes de continuer sur cette lancée et d'accélérer leurs efforts en soutien de la transformation de notre filière, sur laquelle l'Europe est leader mondial.
Propos recueillis par Léo Barnier et Michel Cabirol