Face aux Etats-Unis, le Canada lance son fonds souverain
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Lors de son discours à Ottawa, Mark Carney a justifié cette décision en référence au modèle norvégien.
CLH/CO/ - REUTERS - Carlos Osorio
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Lors de son discours à Ottawa, Mark Carney a justifié cette décision en référence au modèle norvégien.
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Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé lundi la création du tout premier fonds souverain du pays, doté de 25 milliards de dollars canadiens (18,3 milliards de dollars, 15,6 milliards d'euros), destiné à financer les secteurs stratégiques et à renforcer la résilience économique du Canada face aux chocs mondiaux.
Baptisé « Canada Strong Fund », ce véhicule d’investissement combinera capitaux publics et privés pour soutenir des projets dans l’énergie, les matières premières critiques et les infrastructures. Une initiative présentée comme un tournant structurel dans la stratégie économique du pays, dans un contexte de tensions commerciales accrues avec les États-Unis.
Lors de son discours de lancement à Ottawa, Mark Carney a justifié cette orientation en référence à un modèle nordique bien établi. Il a évoqué l’exemple norvégien, pays riche en hydrocarbures qui a utilisé ses ressources pour bâtir un fonds de richesse nationale de long terme.
« Les États-Unis ont changé. C’est leur droit, et nous nous adaptons. C’est notre devoir », a déclaré le Premier ministre, alors que son gouvernement s’apprête à engager des négociations commerciales sensibles avec l’administration du président américain Donald Trump.
Si plus de 85 % des échanges entre les deux pays restent exempts de droits de douane, les surtaxes américaines imposées sur plusieurs secteurs stratégiques ont déjà pesé sur l’activité économique canadienne, entraînant un ralentissement de la croissance et des suppressions d’emplois.
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L’accord de libre-échange nord-américain doit être renégocié cet été, dans un climat particulièrement tendu. Washington a indiqué vouloir des modifications substantielles du cadre actuel, tout en durcissant le ton à l’égard du gouvernement canadien.
Le représentant adjoint au Commerce des États-Unis, Rick Switzer, a ainsi vivement critiqué le Premier ministre canadien lors d’une intervention récente, estimant que M. Carney se comportait de manière « condescendante » et laissait son « ego » l’empêcher d’agir dans l’intérêt supérieur du Canada.
Il a également affirmé : « Je dirais qu’il n’y a pas un seul adulte aux commandes au Canada. On ne fait pas exprès de s’aliéner le dirigeant du pays auquel on est intimement lié. C’est tout simplement une faute professionnelle en matière de politique ».
Cette offensive économique intervient alors que Mark Carney dispose désormais d’une base politique renforcée. En remportant mi-avril trois élections législatives partielles en Ontario et au Québec, le Parti libéral est devenu le premier gouvernement canadien à passer d’une minorité à une majorité parlementaire en cours de mandat.
Fort de cette dynamique, le Premier ministre a promis des réformes rapides visant à transformer l’économie canadienne, avec en ligne de mire une réduction progressive de la dépendance vis-à-vis des États-Unis et une réorientation de l’investissement national vers des secteurs jugés stratégiques.
(avec AFP)
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