Sous l'effet du protectionnisme américain et du surplus industriel chinois, l'OMC prévoit une croissance des échanges limitée pour 2026. Malgré un PIB mondial résilient, les flux se fragmentent en blocs régionaux pilotés par la géopolitique.Loin de l'effondrement parfois prophétisé, les échanges internationaux abordent une phase de stagnation en 2026. Sous l'effet du protectionnisme américain et du redéploiement des excédents industriels chinois, l'année impose aux entreprises françaises de rechercher des pôles de stabilité. Ce basculement marque le passage d'une fluidité globale à une organisation par blocs, où la géopolitique dicte désormais la marche des affaires.
Les prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) signalent un coup de frein substantiel. L'institution, qui tablait initialement sur une progression des échanges de marchandises de 2,4 % pour 2025, a révisé ses ambitions à la baisse, anticipant seulement 0,5 % pour 2026. Ce décrochage s'explique principalement par le choc des droits de douane aux États-Unis et un ralentissement de la demande globale.
En revanche, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait maintenir une trajectoire de croissance comprise entre 2,5 % et 2,7 %. Ce décalage confirme que les flux ne s'inversent pas mais se transforment. Le tournant d'avril 2025, le « Liberation Day » de Donald Trump, a démontré qu’une puissance de premier plan peut assumer un protectionnisme assumé sans subir de sanction immédiate des marchés financiers. Pour les entreprises, 2026 signe la fin de l’accès automatique aux marchés étrangers. Les conditions d’entrée dépendent désormais de choix politiques et d'accords préférentiels, qui supplantent désormais la seule compétitivité par les prix.
Le redéploiement chinois : les surplus vers l’Europe et l’Asie du Sud-Est
Ciblée par les surtaxes de Washington, l’industrie chinoise n’a pas réduit ses capacités de production mais a réorienté ses flux d'exportation. Sur les trois premiers trimestres de 2025, les ventes chinoises vers les États-Unis ont chuté de plus de 15 %. Simultanément, elles ont progressé de 8 % vers l’Union européenne, de près de 17 % vers l’Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) et de 25 % vers le continent africain.