« On voit le mur arriver » : Alstom fait face aux défis de l'industrie
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Un soudeur de l'usine d'Alstom à Aytré. Photo © Yohan Bonnet pour La Tribune - VELVET - VELVET
Yohan Bonnet / La Tribune
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Une file de poids-lourds menace de perturber le trafic du matin sur l'artère principale de la ville d'Aytré, voisine de La Rochelle. Les camions s'empressent devant les barrières pour livrer les pièces en aluminium, câbles, composants électroniques, batteries et autres équipements incontournables des trains. Une scène devenue presque quotidienne à l'heure du défi de la montée en cadence pour ce site emblématique d'Alstom, qui emploie 1 600 salariés.
Et pourtant, malgré les livraisons qui se bousculent, le site souffre de problèmes ponctuels d'approvisionnement. Les trains à grande vitesse et tramways fabriqués ici nécessitent une quantité colossale de matières premières - en particulier de l'aluminium - de composants électriques ou encore d'équipements de sécurité. Le manque de pièces sur un segment de fabrication peut rapidement paralyser toute la chaîne.
« Sur certains postes, les pièces arrivent au compte-gouttes, faute d'approvisionnement », révèle Fabrice Cotrel, délégué syndical Force Ouvrière. « Ce manque de pièces empêche les collègues de travailler certains jours. Mais quand elles sont livrées en fin de semaine, là il faut rattraper le retard. Ce n'est pas une situation normale pour nous, ce n'est pas sain en termes d'équilibre pour les salariés. C'est très ponctuel mais ça révèle un souci d'organisation et d'approvisionnement qui fait qu'on se retrouve à faire les pompiers », témoigne-t-il.
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Ces contretemps mettent à mal le principe du « takt time », ce principe organisationnel mis en place dans l'industrie qui vise à produire exactement au rythme de besoin du client. Cet impératif est particulièrement prégnant dans le ferroviaire où les opérateurs doivent prévoir plusieurs années à l'avance le moment d'entrée en circulation de leurs rames sur le réseau. Pour honorer ses commandes en temps et en heure, le constructeur a promis de diviser par deux le rythme de production de ses « chaudrons », le nom donné aux voitures de train en cours d'assemblage.
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