Les dirigeants d’entreprises doivent intégrer que l’ère de l’énergie « bon marché » se termine, pointe une étude du cabinet breton Kerlotec. En conséquence, les entreprises françaises doivent se préparer à adapter leur modèle.La Cour des comptes s'inquiète des finances d'EDF, dont la facture pour six réacteurs EPR2 a bondi de 40% à 72,8 milliards d'euros. Un dérapage qui contraste avec la promesse de Macron d'une énergie décarbonée bon marché aux géants des data, tandis que pétrole et gaz s'envolent au gré des tensions dans le détroit d'Ormuz.
Face à ces incertitudes, c’est vers une hausse des prix de l'énergie que s’oriente le marché, pour les TPE, PME et ETI, alerte l’institut breton Kerlotec qui pointe aussi un risque énergétique durable pour les entreprises d’ici à 2035. Anticiper la rupture n’est plus « une option stratégique » mais une « condition de survie économique », résume l’étude menée avec le cabinet de conseil Goodwill Management.
IA: 33 % de la consommation française
« Le déclin géologique du pétrole et du gaz, irréversible, conjugué à un plan d’électrification jugé fragile, expose les acteurs économiques à des risques aigus d’approvisionnement et de prix d’ici à une décennie. Sans un plan de transformation radical de leurs modes opératoires, les entreprises prennent des risques », relève Timothée Fustec, directeur général de Kerlotec, dont l’étude a été réalisée à partir de données de l’Agence internationale de l’énergie, de l’OPEP, du spécialiste Rystad et des scénarii de RTE et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) à l'horizon 2050.
La projection dessine un horizon préoccupant, où l’électricité décarbonée et alternative (solaire, éolien), pilier du plan de sortie des fossiles, pourrait elle-même venir à manquer. Avec, dans le même temps, une explosion de la demande liée à l'intelligence artificielle qui pourrait représenter 33 % de la consommation française d'électricité en 2035. Soit la totalité de la production nouvelle de solaire photovoltaïque prévue sur la période.
« Bien que la France soit en surproduction temporaire (7 % en 2025), l'équilibre est fragile », analyse Alan Fustec, Fondateur de Goodwill-management et de Kerlotec.