Vingt ans après sa création, le pôle de compétitivité santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Lyonbiopôle a dévoilé, mi-juin, sa nouvelle feuille de route visant à mieux répondre aux nouveaux défis qui frappent les medtechs et biotechs françaises. Parmi eux : une concurrence chinoise en plein essor, des investisseurs plus frileux face aux risques, mais aussi le prix des médicaments.« Nous sommes dans un monde qui change de plus en plus rapidement et drastiquement. La santé est aussi impactée par ces changements de paradigme ». C'est par ce constat que le président du pôle de compétitivité Lyonbiopôle, Eric Lelouche, a débuté la présentation de la nouvelle feuille de l'organisation.
L'organisation, qui accompagne le développement des pépites régionales de la santé en Auvergne Rhône-Alpes depuis 20 ans, pointe les multiples pressions qui s'exercent sur les biotechs et medtechs françaises : réglementation, concurrence chinoise, pressions pesant sur le système de santé public, sans oublier la réduction des investissements.
Dans ce contexte incertain, la direction du pôle a choisi de retravailler sa stratégie en s'appuyant sur quatre priorités : faire vivre et croître la communauté de 236 membres, accompagner la recherche de financements, soutenir les entreprises qui défrichent de nouveaux sujets et renforcer le rôle de plateforme partenariale, dévoile Teddy Breyton, le directeur général de Lyonbiopôle.
Des levées de fonds qui s'essoufflent
Aujourd'hui, le financement de ces pépites s'impose comme un sujet primordial alors qu'un décrochage des levées de fonds s'installe dans les start-ups de la santé comme en témoigne une étude In Extenso publiée en janvier dernier. Tendance qui se vérifie au sein de Lyonbiopôle : alors que ses adhérents avaient levé plus de 300 millions d'euros en 2021, ce chiffre a diminué de moitié (153 millions d'euros) en 2025.
« Nous observons une crise de l'investissement avec des levées de fonds plus difficiles à réaliser. Ce en raison de l'aversion aux risques des investisseurs qui décident également de concentrer les montants sur quelques projets majeurs. Ce qui pourrait être intéressant mais, en réalité, le volume global n'est pas suffisant », regrette Eric Lelouche.