En Vendée, un duel industriel pour relancer la production d’antimoine
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Un morceau de régule d'antimoine retrouvé à Rochetrejoux
Julien Gouesmat
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Un morceau de régule d'antimoine retrouvé à Rochetrejoux
Julien Gouesmat
« Pour mes obsèques, je ne veux que le strict nécessaire, c'est-à-dire moi. », exigeait Georges Clemenceau. Deux paysans vendéens, accompagnés par son chauffeur et son valet de chambre portèrent son cercueil au cours d’une cérémonie intimiste, en novembre 1929. Inhumé au côté de son père dans le petit bois familial du Colombier à Mouchamps (Vendée), on raconte que Le Tigre aurait été enterré debout, fier et défiant l’Eglise.
En réalité, le cercueil est arrivé de Paris sous une pluie battante, et les lieux des funérailles, en bordure de ruisseau, se prêtaient difficilement à un travail de fossoyeur. Ces derniers firent face à une roche qu’ils durent « attaquer (…) à la barre », et faute de mieux, le dernier repos de l’homme d’Etat fut légèrement incliné.
Un géologue eut été le bienvenue aux funérailles. Car la dureté des roches du nord de la Vendée, qui n’est qu’un symptôme de la richesse de son sous-sol, était déjà largement documentée. C’est le massif armoricain qui s’étend jusque sous ces terres. La géologie vendéenne, dont le paradoxe repose sur une opposition nord sud, inspirera au sociologue André Siegfried sa théorie selon laquelle « le calcaire vote à gauche et le granit à droite ».
Dans le granit du nord de la Vendée on exploita l’uranium, le fer et l’antimoine. A l’exception des granulats des carrières, désormais, plus rien n’est extrait du sous-sol du département. Les choses pourraient changer. La Tribune a appris le dépôt d’une demande de Permis exclusif de recherche minière (PERM), pour laquelle deux entreprises se font actuellement concurrence. Toutes deux cherchent principalement de l’antimoine.
L’histoire seule de la mine de Rochetrejoux ne peut expliquer ce regain d’intérêt pour l’antimoine vendéen. « Il n’y a plus rien à faire à Rochetrejoux », abonde Serge Dallas, co-actionnaire de Stiobiotech Vendée. L’entreprise a déposé en décembre 2024 une demande de PERM, jugée recevable en novembre dernier. « La recevabilité, cela veut simplement dire que toutes les pièces constitutives du dossier ont été reçus ». En clair : bien reçus, mais pas encore étudié. L’examen d’une demande de PERM est un processus long et qui nécessite des concertations et débats publics. Le chemin est d’autant plus semé d’embuches, que la période de 45 jours de mise en concurrence a fait apparaitre un concurrent à Stibiotech Vendée.
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