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Energie et IndustrieChimie & Pharmacie

Clap de fin pour SurgiMab : la biotech évoque la frilosité des investisseurs

Valentine DUCROT

Publié le 18 mai 2026 à 12:47

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Françoise Cailler, docteure en biochimie et biologie cellulaire et cofondatrice de la biotech SurgiMab.

Françoise Cailler, docteure en biochimie et biologie cellulaire et cofondatrice de la biotech SurgiMab.

SurgiMab

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ENTRETIEN. A Montpellier, SurgiMab avait mis au point une technologie pionnière dans le développement d’anticorps fluorescents injectables destinés à la chirurgie dans le traitement du cancer. N’ayant finalement pas trouvé d’investisseurs, elle vient d’annoncer sa liquidation judiciaire. Sa présidente Françoise Cailler explique la trajectoire malheureuse de la biotech.

Alors que le nombre de cas de cancers détectés a doublé entre 1990 et 2024, l’innovation de rupture de la biotech montpelliéraine SurgiMab s’annonçait comme une petite révolution : rendre les cellules cancéreuses fluorescentes pour faciliter le diagnostic et aider le chirurgien à toutes les enlever, réduisant ainsi le risque de récidive. Une technologie spectaculaire, fruit de plus d'une décennie de recherches menées par Françoise Cailler, docteure en biochimie et biologie cellulaire, et de son alliance avec un chercheur de l'Inserm et un oncologue montpelliérain. Mais faute de financement, la liquidation judiciaire de la biotech a été prononcée.

LA TRIBUNE - Il y a tout juste un an, SurgiMab remportait le prix Tech for FutureMag récompensant plus d’une décennie de recherche pour votre produit phare. Des essais cliniques de phase 3 étaient alors en cours sur plus de 300 patients en Europe et aux États-Unis et vous aviez confirmé le bon fonctionnement du produit en chirurgie ouverte, sans effets secondaires. Votre technologie a-t-elle été surestimée ?

Françoise CAILLER, présidente de SurgiMab - Non pas du tout, la molécule était prête. En revanche, nous avons eu des soucis avec les laparoscopes (pour visualiser les molécules fluorescentes, seulement visibles dans le proche infrarouge, les chirurgiens utilisent des systèmes de caméras pour les chirurgies ouvertes et des laparoscopes pour les chirurgies mini-invasives, NDLR) et notre erreur a été de commencer trop tôt avec ces instruments dont la qualité n’était pas optimale. Très vite, nous avons pris la décision de ne pas mener la phase 3 jusqu’au bout et avons préféré analyser les résultats qui ont confirmé le bon fonctionnement en chirurgie ouverte dans les cancers colorectaux et pancréatiques, ainsi que des preuves de concept solides dans le cancer du poumon.

Vous visiez une levée de fonds de 30 millions d’euros. Que s’est-il passé ?

Cette levée devait nous permettre d’accélérer sur l’autorisation de mise sur le marché en chirurgie ouverte avec une commercialisation rapide, et en parallèle, de travailler avec trois sociétés développant des laparoscopes afin de monter un essai indépendant et de faire, par la suite, une extension d’indication. Pour y arriver, nous avions besoin d’un bridge et l’actionnaire principal (dont elle préfère taire le nom, NDLR), qui avait déjà investi 20 millions d’euros, était d’accord, pour 500 000 euros. Mais il s’est rétracté.

Valentine DUCROT

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