L'ONU a annoncé ce mercredi que l'épidémie d'Ebola pourrait coûter jusqu'à 3,6 milliards de dollars au continent africain et de faire basculer 985.000 personnes supplémentaires dans la pauvreté.
Face à la progression d'Ebola en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires misent sur le dépistage pour contenir la propagation du virus. En l'absence de vaccin homologué, les industriels du diagnostic augmentent leurs capacités de production mais font face à d'importants défis logistiques pour acheminer les tests jusqu'aux zones les plus isolées.
Le virus Ebola continue sa propagation en République démocratique du Congo (RDC) avec plus de 1400 cas confirmés et 438 morts selon les dernières estimations des autorités sanitaires congolaises. C'est la 17ᵉ épidémie d'Ebola en RDC. Débutée en mai, elle s'est désormais propagée dans les provinces et pays voisins de l'épicentre. Pour rappel, la maladie Ebola se caractérise par de fortes fièvres et des hémorragies souvent mortelles pour l'être humain.
Le virus Bundibugyo, responsable de l'épidémie actuelle d'Ebola en RDC, est une souche sur laquelle les vaccins existants n'ont pas prouvé leur efficacité. Plusieurs essais cliniques devraient cependant être lancés prochainement, a affirmé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a déclenché une alerte internationale. Mais la commercialisation du vaccin prendra encore du temps.
« Nous ne communiquons pas sur la vaccination auprès des populations tant que rien n'est avancé », a prévenu Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, En attendant une solution de traitement, les équipes s'organisent autour du dépistage. « La seule façon de stopper l'épidémie pour le moment est d'isoler les malades », avertit Sylvain Baize, responsable du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales à l'Institut Pasteur.
Le diagnostic se fait par tests PCR
Sur place, le diagnostic de la maladie se fait par tests PCR. Deux tests coexistent : les PCR dits «manuels» et ceux dits «automatiques». Les premiers sont plus fiables, mais nécessitent un stockage réfrigéré, « si possible à -80 degrés », explique Sylvain Baize. Les PCR manuels sont ainsi principalement utilisés dans les centres nationaux de référence (CNR). Problème : l'épidémie d'Ebola se concentre parfois dans des zones reculées où il est difficile d'effectuer ce type de dépistage.
Les laboratoires ont donc mis en place des tests PCR automatiques, plus rapides, mais qui nécessitent une double vérification, insiste le chercheur. Parmi ces tests de dépistage, on trouve celui de l'entreprise française bioMérieux, disponible depuis maintenant 10 ans, qui permet de détecter la nouvelle souche d'Ebola, ainsi que 15 autres agents pathogènes responsables de fièvres telles que la dengue ou le paludisme. Le test, réalisé en moins d'une heure, permet « d'identifier, d'orienter et d'isoler vite », explique Vanina Laurent-Ledru, chargée des affaires publiques ainsi que des activités de santé publique chez bioMérieux. « Cela peut faire la différence dans les épidémies ».
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