Automobile, raffinage, électronique : l'industrie française cale malgré la défense
latribune.fr
Roland Lescure, ministre français de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, participe à une conférence de presse à l'issue d'une réunion au ministère des Transports à Paris (France), le 6 mai 2026.
REUTERS - ALICE SACCO - Alice Sacco
Économie française : la production industrielle recule en mai, le « moteur perd de sa vigueur »
L'automobile plonge de 4,7 % et le raffinage de 9 % sur un mois, selon l'Insee. Mais sur trois mois, la production industrielle progresse encore de 2,4 % sur un an, portée par l'aéronautique et la défense, alors que le PMI composite reste sous les 50 points en juin.
Les informations à retenir
La production industrielle française en léger repli au mois de mai
Un recul de 0,1 % de la production industrielle française a été enregistré en mai par l’Insee,
Un essoufflement principalement provoqué par la nette contraction de 1 % de l’industrie manufacturière.
Malgré tout, les secteurs de l'énergie et de l'eau s'en sortent mieux.
C'est un des moteurs de l’économie française : la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai de 0,1 % sur un mois. Elle a été pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1 %), a indiqué l’Insee vendredi. En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3 % et la production manufacturière de 0,6 %, après révision à la hausse.
Pourquoi l'industrie manufacturière est la plus affectée ?
Dans l’industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques. « Le moteur de l’économie française commence à perdre de sa vigueur », a souligné auprès de l'AFP Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.
Les matériels de transport reculent de 2,8 % (dont -4,7 % pour l’automobile). Les biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques perdent 2,3 %, la cokéfaction et le raffinage chutent de 9,0 %. Les « autres produits industriels » comme la métallurgie, la chimie et la pharmacie fléchissent (-0,4 %), ainsi que les industries agroalimentaires (-0,3 %).
L'énergie et l'eau sur une tendance positive ?
En revanche, la production des industries extractives, de l'énergie et de l'eau a rebondi (+ 3,2 %). « La hausse qui concerne à la fois l’électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l’épisode caniculaire en fin de mois », a expliqué l’Insee.
Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4 % dans l’industrie et de 2,2 % dans l’industrie manufacturière.
Dans la construction, la production a progressé de 1,2 % en mai sur un mois. Elle s’inscrit cependant en baisse de 2,3 % sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l’an dernier.
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Pourquoi l'industrie française peut malgré tout espérer ?
Dans les prochains mois, « certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l’industrie française, notamment la mise à l’arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s’estomper avec l’apaisement de la situation au Moyen-Orient », a analysé Charlotte de Montpellier.
« D’autres facteurs continueront toutefois de soutenir l’activité, notamment la forte demande dans l’aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5 % de l’industrie française orientés vers l’armement », a-t-elle ajouté.
Selon elle, « l’industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services », affecté notamment par la faible confiance des ménages, « mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année », avec des répercussions sur la croissance.
Qu'en est-il dans le secteur privé ?
Cette statistique sur la production industrielle tombe alors que l’activité du secteur privé en France continue sa baisse en juin, selon l’indice PMI composite (indice des directeurs d'achat) publié ce vendredi par l’agence de notation S&P Global.
L’indice mesurant l’activité s’est établi en juin à 47,2. Un indice inférieur à 50 signale une baisse de l’activité en comparaison avec le mois précédent. La nouvelle estimation est légèrement plus basse que les premières estimations de l’indice « flash » (estimation flash), publié fin juin, qui étaient de 47,6.
Ces données font toutefois état d’une amélioration, après les mauvais chiffres de mai. L’indice était tombé à 44,9, son plus bas niveau depuis janvier 2025, notamment du fait d’un regain d’inflation.
« Compte tenu des signes avant-coureurs de récession mis en évidence par les données PMI du mois de mai et de la révision à la baisse du PIB du premier trimestre, les résultats de l’enquête PMI du mois de juin sont, tout bien considéré, nettement moins mauvais qu’on aurait pu le craindre », commente dans la note Joe Hayes, économiste à S&P Global Market Intelligence.