Nucléaire : la centrale du Blayais surmonte ses difficultés en matière de sûreté au meilleur moment

Un ingénieur EDF dans une centrale nucléaire française.
EDF

Un ingénieur EDF dans une centrale nucléaire française.
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Depuis trois ans, le mauvais élève de la sûreté nucléaire, c'était le Blayais. Bilan après bilan, la centrale a été épinglée par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pour sa faible capacité à prévenir et gérer les incidents. En réaction, EDF a déployé le plan « Redonnons des couleurs au Blayais ». A la lecture du dernier bilan annuel de l'ASNR, les membres de la direction ont dû en retrouver quelques-unes.
Le gendarme du nucléaire évalue ainsi que les performances de conduite de la centrale se situent dans la moyenne observée pour les autres sites d'EDF en 2025, dont font d'ailleurs partie les deux centrales du Sud-Ouest Civaux et Golfech. En matière de sûreté, là où les équipes girondines avaient fait défaut ces dernières années, « les performances de la centrale ont nettement progressé en 2025, notamment dans la maîtrise du risque incendie et en matière de maintenance des installations, après une dégradation constatée entre 2022 et 2024. Les performances dans la conduite des réacteurs sont en cours d’amélioration. L’ASNR a noté une baisse de l’importance et du nombre d’évènements significatifs », lit-on dans le rapport.
Quelques bémols persistent néanmoins. Côté production, « les performances dans la conduite des réacteurs sont en cours d’amélioration », indiquent les représentants. Au niveau de la radioprotection, c'est-à-dire la capacité à protéger les équipes contre les rayons ionisants, des « difficultés chroniques dans le respect des fondamentaux » sont observés.
Le programme déployé sur place a donc enfin porté ses fruits. Celui-ci avait été échafaudé par la direction du site, alors que les quatre réacteurs logés au bord de l'estuaire de la Gironde font l'objet d'un grand carénage étendu sur la décennie. Le plan d'amélioration se compose de plusieurs angles d'attaque : les ressources humaines, les compétences, les installations et l'efficacité opérationnelle.
Un plan d'action multiforme que les inspecteurs de l'ASNR ont pu apprécier en juin 2025. Durant cinq jours, leur inspection de revue a permis d'appréhender les changements structurels impulsés par EDF pour éviter les erreurs à répétition. Dans le bilan de la visite, il est mentionné : « Les inspecteurs n’ont relevé que peu de faiblesses marquantes, même si des efforts restent à faire sur le pilotage du plan de contrôle interne (PCI), le portage des exigences en matière de sécurité du travail par tous les agents, l’implication des consultants facteurs humains (CFH) au plus tôt dans les analyses des événements et dans les transformations organisationnelles du site ainsi que sur la charge de travail de certaines populations de la conduite. »
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De quoi faire revenir le Blayais dans la norme, même si l'autorité gardera un œil particulier sur cette dynamique. « Les difficultés ont fait l’objet de beaucoup d’échanges entre la direction du site et la division territoriale de l'ASNR. EDF a mis en place pas mal de plans d’actions autour de la conduite des installations, sur la maintenance, sur la gestion incendie aussi où ils ont accru leur présence sur le terrain », note Séverine Lonvaud, cheffe du pôle « Réacteurs à eau pressurisée ».
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Il était sérieusement temps de relever la barre pour le site qui candidate à accueillir deux EPR 2, ces réacteurs nucléaires de nouvelle génération. La préfecture et le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ont remis leur dossier au PDG d'EDF Bernard Fontana le 24 juin dernier. Un véritable concorde territoriale s'est constituée depuis deux ans pour pousser la candidature. Mais derrière le soutien local, EDF scrute de près la discipline des équipes et la qualité de la conduite des réacteurs. Car la construction des EPR 2 sera instruite ensuite par l'ASNR, qui s'assurera que les sites disposent bien des compétences pour accompagner le futur chantier. D'où l'intérêt à s'attirer la bienveillance de l'autorité dès maintenant.