Dès le 1er juillet 2026, le tarif d’entretien du réseau de gaz augmentera de 5,87 % en moyenne. Cette hausse permettra, entre autres, de diminuer les charges dans certaines régions, au nom de la solidarité nationale. Mais elle ne réglera pas un problème structurel : à mesure que les Français délaissent cette énergie fossile, les coûts fixes des infrastructures pèsent sur un nombre plus restreint d’usagers.La plupart des consommateurs de gaz paieront bientôt un peu plus cher pour subventionner les clients des zones gérées par des entreprises locales de distribution (ELD), comme à Grenoble, Bordeaux ou Strasbourg. C’est ce qu’a entériné la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ce lundi.
En effet, l’autorité indépendante a publié son projet d’évolution annuelle de l’ATRD, le tarif couvrant les coûts d’utilisation des réseaux de distribution de gaz (qui représentent environ un quart de la facture). Dès le 1er juillet 2026, celui-ci devrait progresser de 5,87 % en moyenne. Soit une hausse d’environ 1,5 % sur les mensualités TTC des clients résidentiels, indépendamment des fluctuations mensuelles du prix de la molécule de gaz.
« Tout le monde sera au même niveau »
Ce changement découle, entre autres, de la loi de finances pour 2026. Il y a quelques mois, les parlementaires ont instauré un principe de « péréquation tarifaire ». Le principe : mutualiser les charges d’infrastructure sur l’ensemble des consommateurs français.
« Le législateur a mis en place une forme de solidarité nationale », précise Nicolas Deloge, directeur des réseaux à la CRE.
Historiquement, environ 5 % du territoire est desservi par des ELD plutôt que par le géant GRDF. C’est le cas d’ES à Strasbourg, GreenAlp (GEG) à Grenoble, Gazelec dans la Somme ou encore Soregies à Poitiers. Or, jusqu’alors, les clients de ces zones « payaient un tarif réseau spécifique, souvent plus élevé », souligne Nicolas Deloge.