Guerre au Moyen-Orient : TotalEnergies relance le plafonnement de ses carburants

Fin juin, la major avait décidé de concentrer le plafonnement des prix des carburants dans ses stations rurales.
Joe Bavier - REUTERS - Benoit Tessier

Fin juin, la major avait décidé de concentrer le plafonnement des prix des carburants dans ses stations rurales.
Joe Bavier - REUTERS - Benoit Tessier
Rebelote. Le groupe pétrolier TotalEnergies a annoncé ce mercredi remettre en place le plafonnement du prix des carburants dans ses stations-service en France hexagonale. Cette décision fait suite à la reprise du conflit au Moyen-Orient, qui fait repartir les prix du pétrole à la hausse, selon un communiqué.
Fin juin, le géant pétrolier avait décidé de concentrer le plafonnement des prix des carburants dans ses stations rurales et sur les autoroutes pour les grands départs des congés estivaux. Une mesure qui concernait un gros tiers des 3 300 stations du groupe.
Selon Total, le but était de soutenir les automobilistes « particulièrement dépendants de leur véhicule pour leurs déplacements quotidiens ». Une attention portée notamment aux zones où « la baisse des prix des carburants met généralement plus de temps à se répercuter ».
Cependant, le conflit a recommencé à s'enliser. Il menace désormais le protocole d'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran. Par conséquent, le prix du baril remonte. Mercredi à 11 h 05 à Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, avait ainsi bondi de 3,45 % à 94,15 dollars.
Cela se ressent déjà à la pompe. Mercredi à 11 heures en France, le SP95-E10, l'essence la plus achetée, se vendait au prix de 2,026 euros le litre (moyenne sur 7.541 stations-service). Ce tarif marque une hausse de 4,25 % par rapport à la moyenne une semaine auparavant.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Le SP98 se vendait à 2,116 euros le litre (moyenne sur 7.887 stations), soit 4,57 % plus cher que la semaine précédente, selon une moyenne calculée par l'AFP sur la base de données gouvernementales. Quant au gazole, il s'achetait 2,139 euros le litre (moyenne sur 9.556 stations), soit une hausse de 6,8 %.
Ces prix, qui excluent la Corse ainsi que les départements et territoires d'outre-mer, sont entre 15,86 % (SP98) et 24,33 % (gazole) plus élevés que ceux relevés le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran.
L’initiative de TotalEnergies n'est pas du goût de tout le monde. Vendredi dernier, la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), qui représente un millier de stations indépendantes, a saisi l'Autorité de la concurrence. Elle entend dénoncer le plafonnement du prix des carburants, qu'elle juge déloyal.
La FF3C a saisi l’Autorité « pour abus de position dominante et concurrence déloyale » de TotalEnergies, avait indiqué à l’AFP Jacques Goisque, le directeur général de la fédération. La fédération avait annoncé début mai son intention de mener une telle action.
Cette saisine vise à protéger les petites stations-essence. Ces dernières constituent un élément clé du maillage du pays, puisqu’elles se situent souvent dans des régions rurales. L'action s'oppose à « la politique de plafonnement des prix opérée depuis mars par TotalEnergies », avait expliqué Jacques Goisque.
Le géant pétro-gazier français est « un groupe intégré, de l’exploitation à la distribution, qui s’appuie sur les marges réalisées en amont pour vendre quasiment à perte son produit », estimait aussi le responsable de la FF3C.
Les petites stations n'ont jamais eu la capacité de s'aligner sur les prix des stations de supermarchés ou des grands groupes pétroliers (TotalEnergies, BP, Shell…). « Mais là, on a des différences de prix telles, avec les stations TotalEnergies », que leur activité s'effondre, avait déploré Jacques Goisque.
(Avec AFP)