Nucléaire : Cattenom mise sur la chaleur des réacteurs pour chauffer 80 000 foyers, une première
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La centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), sen service depuis 1986.
Olivier Mirguet
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La centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), sen service depuis 1986.
Olivier Mirguet
À l’origine, le schéma apparaissait logique dans la vallée sidérurgique de la Fensch : il fallait brancher un réseau de chauffage urbain sur la chaleur résiduelle d’ArcelorMittal, de Saarstahl et des autres grands sites industriels locaux.
Mais ce scénario s’est heurté à une limite. « On risquait de se retrouver avec un réseau de chaleur issu de l’aciérie qui soit intermittent », se souvient Pierre Cuny, maire (LR puis Horizons) de Thionville depuis 2016.
En accordant en mai 2024 son label « zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) à cette partie du département de la Moselle, l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a apporté son soutien aux élus locaux et promis des subventions. Mais le projet initial ne s’est jamais réalisé. L’équation économique s’était dégradée. « ArcelorMittal ne voulait pas porter d’investissement. En même temps, ils voulaient un prix de la molécule qui était prohibitif pour un projet comme celui-ci », regrette Rémy Dick, maire (LR) de Florange, où ArcelorMittal a continué d'exploiter un laminoir après l'extinction de son haut-fourneau en 2012.
Le tournant sur le projet de chauffage urbain s'était esquissé dès la fin de 2023, quand la mairie de Thionville a posé sur la table une intuition : la centrale nucléaire de Cattenom, située en périphérie de cette grande aire urbaine de 266 000 habitants, rejetait elle aussi de la chaleur, qui n’était pas valorisée.
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EDF a confirmé cette hypothèse, désormais travaillée par sa filiale Dalkia. « C’est un projet inédit à l’échelle nationale. Parce que ce serait la première fois qu’on mobiliserait ces autres atouts d’une centrale nucléaire, au service direct d’un chauffage urbain des collectivités locales », confirme Coralie Dupont, porte-parole de la centrale de Cattenom. La récupération de chaleur fatale a déjà été testée sur un site nucléaire au Tricastin (Drôme), mais à une échelle très locale et au service de la ferme aux crocodiles, un parc de loisirs voisin de la centrale.
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