L'envolée des prix du gaz provoquée par la crise au Moyen-Orient pourrait offrir une manne exceptionnelle aux exportateurs américains de GNL, dont les marges explosent à mesure que l’offre mondiale se contracte.Des milliards de dollars de marges supplémentaires. Selon plusieurs analystes, le nouveau conflit au Moyen-Orient devrait largement profiter aux exportateurs américains de gaz naturel liquéfié (GNL) alors que le prix du gaz a bondi, consécutivement au blocage du détroit d’Ormuz et à l’arrêt de la production qatarie.
Sur le TTF, la référence du marché européen, les prix ont d’abord dépassé les 65 euros par mégawattheure mardi, soit plus du double du niveau observé la semaine précédente et leur plus haut niveau depuis trois ans, avant de se stabiliser autour de 53 euros jeudi. Cette flambée est directement liée à la décision de QatarEnergy de suspendre ses terminaux de liquéfaction, après une attaque de drones iraniens contre deux de ses installations. La hausse des prix a été encore plus spectaculaire en Asie, principale destination du GNL qatari. L’indice Platts JKM, référence du GNL au comptant, a bondi de 96 %.
« Sur la base des prix actuels, les exportateurs et négociants de GNL américains pourraient accumuler environ 870 millions d’euros par semaine de marges supplémentaires par rapport à leur niveau d’avant crise », avance Seb Kennedy, analyste gaz et GNL et fondateur d’EnergyFlux, dans une nouvelle publication. « L’ampleur des gains potentiels dépend presqu’entièrement d’une seule variable : la durée de la crise », poursuit-il.
4 à 20 milliards de marges supplémentaires par mois
Selon ses modélisations, les exportations américaines de GNL pourraient générer jusqu’à quatre milliards de dollars de profits exceptionnels si la production du Qatar, deuxième plus gros exportateur dans le monde, restait à l’arrêt un mois. Ce montant pourrait même atteindre 20 milliards de dollars par mois si la situation perdurait jusqu’à l’été.