Alors que la France doit poursuivre la décarbonation de son énergie et développer la production d’énergies renouvelables, l’électrification des usages ajoute de nouveaux défis aux gestionnaires de réseaux.Révélée en février dernier après de longs mois d’attente, la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe une nouvelle trajectoire : faire passer la part de l’électricité dans la consommation énergétique française d’environ 25 % aujourd’hui à 38 % en 2035. Pour les énergies renouvelables (EnR), les objectifs ont été revus à la baisse : entre 55 et 80 gigawatts (GW) pour le solaire photovoltaïque, et entre 35 et 40 GW pour l’éolien terrestre, avec une priorité au renouvellement des parcs existants. Soit moins que prévu initialement. L’objectif pour l’éolien en mer est ramené à 15 GW, contre 18 GW envisagés auparavant.
En avril, le gouvernement a fixé une nouvelle priorité : la France dispose d’une capacité de production électrique excédentaire, mais la consommation ne progresse pas au même rythme, et le nouveau mot d’ordre est l'électrification des usages. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi dévoilé une première série de mesures destinées à accélérer la sortie de la dépendance aux énergies fossiles. Une orientation réaffirmée par Emmanuel Macron le 26 mai qui, recevant « l’équipe de France de l’électricité » (200 entreprises), a martelé que « réindustrialisation et décarbonation sont compatibles », annonçant son souhait de massifier l’usage de l’électricité. Autant de « nouveaux objets » à raccorder, souligne Cédric Boissier, directeur Raccordement Enedis. Un vaste chantier qui impose aux réseaux de transport (RTE) et de distribution (Enedis) d’accélérer la dynamique de raccordement et de répondre aux besoins futurs.
Le sujet était au cœur de la 3e édition du Forum des grands producteurs d’énergies renouvelables en Occitanie, organisée par Enedis le 10 juin dernier à Montpellier et qui a réuni quelque 200 producteurs et collectivités. Car comme le clame Mathias Laffont, délégué général adjoint Stratégie et Expertise à l’Union française de l’électricité (UFE), « il n’y aura pas de grande électrification sans réseaux ».