Communiquer sur une plage de mise en service plutôt que sur une date cible. C’est la décision qu’avait prise EDF, il y a deux ans, après un énième report du démarrage du premier réacteur EPR de la centrale d’Hinkley Point C, en Angleterre. La première unité débutera, au plus tôt, en 2029 et, au plus tard, en 2031, avait alors indiqué l’électricien. On sait désormais que le meilleur scénario n’est plus à l’ordre du jour. À l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, ce vendredi, EDF a indiqué viser une mise en service en 2030 en raison du retard pris dans les travaux électromécaniques.
Si ce glissement ne fait pas sortir EDF de la fourchette établie il y a deux ans, il se traduit par une dépréciation de l'ordre de 2,5 milliards d’euros et pèse sur la rentabilité de l’entreprise tricolore. Le résultat net part du groupe s’élève ainsi à 8,4 milliards d’euros en 2025. En recul de 37 % sur un an, il est également affecté par la baisse des prix de l’électricité sur les marchés.
Comment expliquer ce nouveau décalage ? « C’est fondamentalement un sujet logistique », a affirmé Bernard Fontana, le PDG d’EDF, devant la presse. « Des tubes ont été commandés sans ordre particulier », a-t-il précisé. Ils arrivent donc « dans l’ordre où ils veulent arriver ». Seulement voilà : sur ce chantier titanesque, il est question de « milliers de kilomètres de tubes » et de tuyaux. Cette désorganisation a donc entraîné d’importantes difficultés et une perte de temps considérable dans la mise en place des tubes et des vannes.