Dans le Limousin, la transition énergétique sert d'alibi pour rouvrir les mines d'or
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Au Chalard, un musée témoigne du passé minier de la petite commune tout au sud de la Haute-Vienne.
MG / La Tribune
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Au Chalard, un musée témoigne du passé minier de la petite commune tout au sud de la Haute-Vienne.
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Le 26 janvier dernier, le cours de l'or atteignait son record historique. Le plus précieux des métaux s'échangeait alors à 5 000 dollars l'once, soit près de 150 000 euros le kilo. C'est seulement trois semaines après cette énième poussée de fièvre jaune que la Compagnie des mines arédiennes, la CMA, obtenait de l’État l'autorisation de multiplier par sept son périmètre de recherche au sud du Limousin. La demande couvait depuis deux ans.
Au cœur du parc naturel régional qui l'associe au Périgord, la contrée forestière et doucement vallonnée du sud Limousin est le témoin de l'emballement. À proximité d'anciennes mines fermées depuis plusieurs dizaines d'années, les habitants voient défiler des gilets orange qui, parfois, sonnent aux portes. Ce sont les géologues de la CMA, chargés de forer le sol jusqu'à 800 mètres de profondeur à la recherche de l'étincelant minerai et d'un cortège d'une cinquantaine de métaux.
L'entreprise française a été créée en 2022 spécialement pour mener une campagne d'exploration aurifère aux confins de la Haute-Vienne et de la Dordogne. Grâce à l'extension sur 300 kilomètres carrés, elle va pouvoir poursuivre sa quête jusqu'en 2030 sur neuf communes autour de Saint-Yrieix-la-Perche, au sud de Limoges. Objectif : extraire 10 kilomètres de carottes géologiques pour détecter les veines de quartz, témoin souterrain de la présence d'or, et mesurer la concentration.
« Il y a 200 ou 300 millions d'années, sous l'effet des bouleversements tectoniques, des fissures se sont créées par lesquelles sont remontés des geysers », raconte Yves Guise, président de la compagnie et géologue missionné par Aquitaine Metals Corp. « Ces eaux sont venues déposer des sels minéraux à proximité de la surface, en teneur plus ou moins concentrée. Pour ces métaux, vous pouvez obtenir un très bon sondage à un endroit, et un mètre à côté plus rien. C'est pour ça que c'est un travail très long », détaille-t-il. Au total, la compagnie a rassemblé 15 000 mètres de carottages souterrains sur un objectif total de 18 000 mètres.