Bruxelles a validé un dispositif de soutien public pouvant atteindre 63 milliards d'euros sur 25 ans pour accompagner le déploiement de onze parcs éoliens en mer.
La Commission européenne donne un nouveau coup d’accélérateur à l’éolien en mer français. Bruxelles a validé lundi un mécanisme de soutien de l’État pouvant atteindre 63 milliards d’euros sur 25 ans pour financer la construction et l’exploitation de onze parcs offshore répartis entre la mer du Nord, l’Atlantique et la Méditerranée.
L’exécutif européen estime que ce dispositif est compatible avec les règles de concurrence de l’Union européenne. Il juge qu’il « était nécessaire, approprié et proportionné pour accélérer la transition vers une économie neutre en carbone », ouvrant ainsi la voie à l’un des plus importants mécanismes de soutien public aux énergies renouvelables en France.
Les onze parcs concernés pourraient représenter jusqu’à 11,1 gigawatts (GW) de capacités installées. Une fois en service, ils seraient en mesure de produire jusqu’à 47,8 térawattheures (TWh) d’électricité renouvelable chaque année, soit l’équivalent de 10,6 % de la consommation annuelle d’électricité en France.
Un mécanisme de soutien sécurisé
Le soutien public prendra la forme d’une prime variable reposant sur un contrat pour différence (CFD), un mécanisme désormais largement utilisé en Europe pour sécuriser les investissements dans les infrastructures bas carbone.
Concrètement, ce système garantit aux producteurs un prix de référence pour leur électricité. Lorsque les prix de marché tombent sous ce seuil, l’État verse une compensation afin d’assurer la rentabilité des projets. À l’inverse, lorsque les prix de l’électricité dépassent le prix garanti, les exploitants reversent la différence à l’État.
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Ce mécanisme vise à offrir de la visibilité aux investisseurs tout en limitant les effets des fortes fluctuations des marchés de l’énergie. « La décision d’aujourd’hui ouvre la voie au régime français de soutien à l’éolien en mer. La France poursuivra ses efforts vers un système énergétique totalement décarboné, et la Commission continuera d’aider les Etats membres à atteindre nos objectifs climatiques communs », a déclaré Teresa Ribera, la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la transition écologique.
Relancer la filière
Cette validation intervient alors que la France entend accélérer le développement de l’éolien offshore après un net ralentissement de la filière en 2025. Le pays dispose aujourd’hui d’environ 2 GW de capacités installées, très loin de l’objectif fixé par la programmation énergétique. Paris ambitionne en effet d’atteindre 45 GW d’éolien en mer à l’horizon 2050, un niveau qui suppose une montée en puissance rapide des appels d’offres et des mises en chantier au cours des prochaines décennies.
Le feu vert de Bruxelles lève désormais un obstacle majeur au financement de cette nouvelle vague de projets, appelée à renforcer la production d’électricité décarbonée tout en soutenant le développement industriel de la filière française de l’éolien en mer.