Télétravail, vitesse limitée, covoiturage… L’AIE communique ses recommandations pour économiser le pétrole

Des véhicules font la queue pour obtenir de l'essence à une station-service à Colombo, au Sri Lanka.
AA - REUTERS - Thilina Kaluthotage

Des véhicules font la queue pour obtenir de l'essence à une station-service à Colombo, au Sri Lanka.
AA - REUTERS - Thilina Kaluthotage
Les autorités, les entreprises et même les ménages peuvent jouer un rôle pour réduire la demande en hydrocarbures, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Et ainsi « alléger les impacts économiques pour les consommateurs » des perturbations de l'approvisionnement en pétrole liées à la guerre au Moyen-Orient, explique l'AIE dans un rapport publié ce vendredi.
« Une vaste application » de 10 mesures, préconisées par l'organisation chargée d'assurer la sécurité de l'approvisionnement en énergie, « quand elle est possible, pourrait amplifier » l'impact de ces mesures « et aider à alléger le choc » causé par le blocage du détroit d'Ormuz et la guerre au Moyen-Orient de manière plus générale.
« Le rapport d'aujourd'hui propose un ensemble de mesures immédiates et concrètes que les gouvernements, les entreprises et les ménages peuvent prendre du côté de la demande afin de protéger les consommateurs des conséquences de cette crise », indique Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, dans un communiqué.
La première piste susceptible de réduire la consommation de carburant, et donc de pétrole, c'est le télétravail, relève l'AIE, qui suggère ensuite de diminuer d'au moins 10 km/h la vitesse sur autoroute, et de pousser à l'utilisation des transports en commun. Autre idée : la circulation alternée dans les grandes villes, qui doit aider à réduire les embouteillages et donc une circulation plus gourmande en carburant.
L'AIE encourage aussi le covoiturage, « une conduite efficace », éviter le recours au GPL pour les transports, ou encore la réduction de l'utilisation de l'avion. En particulier, « réduire les voyages d'affaires peut rapidement alléger la pression sur les marchés du carburant aérien », dit l'AIE.
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L'organisation appelle enfin à cuisiner à l'électricité plutôt qu'au gaz quand cela est possible, et suggère à l'industrie d'optimiser sa consommation d'hydrocarbures.
Ces mesures « ont fait la preuve de leur efficacité dans différents contextes », plaide Fatih Birol, qui observe qu'« en l'absence d'une résolution rapide » du conflit, « les impacts sur les marchés de l'énergie et sur les économies sont prêts à devenir de plus en plus sévères ».
L'organisation avait décidé mi-mars le principe d'un déstockage de quelque 400 millions de barils de pétrole pour amortir la flambée des prix née de la guerre au Moyen-Orient. Il s'agit du sixième déblocage de stocks stratégiques de l'histoire de l'institution, créée il y a plus de 50 ans.
L'AIE a indiqué jeudi soir que ses pays membres avaient commencé à mettre sur le marché ces stocks stratégiques qu'ils s'étaient engagés à débloquer. « Nous avons récemment procédé au plus important déblocage de stocks pétroliers d'urgence de l'AIE jamais réalisé – et je suis en contact étroit avec les principaux gouvernements du monde, y compris les grands producteurs et consommateurs d'énergie, dans le cadre de notre diplomatie énergétique internationale », rappelle Fatih Birol dans le communiqué ce vendredi.
(Avec agences)