Prix des carburants : le Japon et l’Italie dégainent des aides face à l’envolée du pétrole, la France attend
latribune.fr
Le litre de diesel a bondi de +20 % et celui de l’essence de +10 % en moyenne par rapport au 28 février dans les stations françaises (photo d'illustration).
Alors que le prix du pétrole continue de progresser, l’Italie et le Japon ont chacun annoncé ce jeudi des mesures pour tenter de contrer l’augmentation des tarifs des carburants à la pompe. Le gouvernement français exclut, pour le moment, l’idée d’une baisse des taxes.
Le prix du pétrole poursuit sa hausse. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, a encore augmenté de plus de 5 % ce jeudi matin aux alentours de 7h30, heure française, s’établissant à plus de 113 dollars. La hausse est moins marquée pour son homologue sur le marché américain, le West Texas Intermediate (WTI), qui a pris +1 %, à quelque 97 dollars.
L’envolée des prix du baril s’est déjà répercutée sur les prix des carburants à la pompe. L’Asie, qui a importé 40 % de sa consommation de pétrole via le détroit d’Ormuz en 2025, est particulièrement touchée. Dans ce contexte, plusieurs gouvernements asiatiques ont annoncé ces derniers jours des mesures destinées à baisser les prix des carburants.
Le Japon, qui dépend du Moyen-Orient pour 95 % de ses importations de pétrole, démarre ainsi ce jeudi un programme d’urgence. À grand renfort de subventions, le gouvernement espère ramener le litre aux alentours des 170 yens (0,93 euros). Il avait atteint un plus haut historique lundi, à 190,8 yens (1,04 euro), loin de son niveau d’avant le début du conflit au Moyen-Orient, sous la barre des 160 yens. Les Japonais devront toutefois faire preuve de patience : l’exécutif estime qu’il faudra probablement jusqu’à deux semaines pour que les prix du carburant redescendent au niveau visé.
Aux Philippines comme au Sri Lanka, les autorités ont réduit la semaine de travail des fonctionnaires à quatre jours pour baisser les trajets et donc les besoins en carburants.
L’Italie veut une baisse de 25 centimes
En Europe aussi, certains gouvernements commencent à agir. L’Italie, où les prix des carburants sont parmi les plus élevés du bloc européen, a adopté mercredi un décret dont l’une des mesures vise à réduire le prix du carburant de 25 centimes par litre, pour une période de 20 jours. Y figure également une aide exceptionnelle accordée aux transporteurs routiers et pêcheurs.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Du côté de l’Espagne, le gouvernement avait indiqué la semaine dernière préparer un ensemble de mesures fiscales. Sans nouvelles depuis. Le Portugal applique, lui, depuis presque trois semaines une réduction exceptionnelle des taxes sur les carburants.
La France n’annonce rien, pour l’instant
Quant au gouvernement tricolore, il n’a pas l’intention de prendre de mesures pour le moment. « Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle », a fait savoir ce jeudi sa porte-parole, Maud Bregeon, sur BFMTV. Le litre de diesel a pourtant bondi de +20 % et celui de l’essence de +10 % en moyenne par rapport au 28 février dans les stations françaises.
Celle qui est également ministre déléguée chargée de l'Énergie a justifié cette position par le fait que l’État français n’a « plus les moyens du quoi qu'il en coûte » comme pendant l'épidémie de Covid-19. Ainsi que par la « nécessité » de réduire le déficit public.
« En revanche, on entend les difficultés, par exemple sur la trésorerie » de différents secteurs, a affirmé Maud Bregeon. Notamment les transporteurs et les pêcheurs, dont les représentants ont été reçus ces derniers jours au ministère de l’Économie. Sans qu’aucune aide ne soit annoncée depuis.
Une réunion sur l’énergie est prévue ce jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu. L’objectif de ce rendez-vous est de « faire le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques », a précisé la porte-parole. Avant d’assurer : « Toutes les options sont sur la table. »