Le gaz à +35 %, le baril de pétrole à 110 dollars : le choc énergétique s’accélère
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Au-delà des dégâts directs, c'est l'ensemble des flux énergétiques qui est menacé.
HA - REUTERS - REUTERS/Hollie Adams - Hollie Adams
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Au-delà des dégâts directs, c'est l'ensemble des flux énergétiques qui est menacé.
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La flambée des prix de l’énergie s’accélère brutalement. Gaz et pétrole ont bondi jeudi sur les marchés internationaux, sous l’effet d’une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient qui frappe au cœur les infrastructures énergétiques du Golfe, ravivant le spectre d’un choc durable sur l’économie mondiale.
Dès l’ouverture des marchés européens, le gaz a enregistré une envolée spectaculaire. Le contrat à terme néerlandais TTF, référence en Europe, a progressé de plus de 24 % pour atteindre 68 euros le mégawattheure (MWh), avant de grimper jusqu’à 70 euros, soit une hausse pouvant atteindre 35 % en séance. Un niveau qui n’avait plus été observé depuis plusieurs mois et qui traduit la nervosité extrême des opérateurs face aux risques d’approvisionnement.
Même tension sur le pétrole. Le Brent de la mer du Nord s’est envolé de plus de 6 %, franchissant les 114 dollars le baril, tandis que le WTI américain évoluait autour de 97 dollars. Là encore, les marchés réagissent à une dégradation rapide de la situation géopolitique dans une région clé pour l’équilibre énergétique mondial.
Au cœur de cette flambée, une série de frappes et de représailles entre l’Iran et ses adversaires régionaux. Téhéran a ciblé plusieurs installations énergétiques dans le Golfe après avoir accusé Israël d’avoir attaqué ses propres infrastructures, notamment sur le champ gazier de Pars Sud. En retour, des sites stratégiques ont été touchés au Qatar, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït.
Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a été particulièrement affecté. QatarEnergy a indiqué que les frappes de missiles sur le site de Ras Laffan avaient causé des « dégâts considérables ». Si les autorités ont assuré que tous les incendies étaient désormais « maîtrisés », l’attaque contre cette installation clé a suffi à déclencher une onde de choc sur les marchés.
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Dans le même temps, plusieurs raffineries ont été visées, notamment au Koweït où « l’une des unités opérationnelles de la raffinerie de Mina Al-Ahmadi (...) a été la cible d’une attaque de drone, provoquant un incendie localisé ». Les Émirats arabes unis ont également fermé certaines installations gazières après l’interception de missiles.
Au-delà des dégâts directs, c’est l’ensemble des flux énergétiques qui est menacé. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est de nouveau perturbé. Les tensions y ont déjà conduit plusieurs producteurs à réduire leurs approvisionnements, accentuant la pression sur les prix.
Cette situation fait craindre un choc inflationniste global. La Réserve fédérale américaine a prévenu qu’ »à court terme, la hausse des prix de l’énergie fera grimper l’inflation globale », tandis que la Banque du Japon estime que l’augmentation des cours du pétrole brut devrait tirer les prix vers le haut dans les prochains mois. En Europe, la réunion de la Banque centrale européenne est dominée par cette nouvelle donne énergétique, aux conséquences encore incertaines sur la croissance.
Face à cette envolée, les gouvernements tentent de contenir les répercussions économiques. Le Japon a déjà dégainé des subventions d’urgence pour limiter la hausse des prix à la pompe. En France, l’exécutif adopte pour l’instant une ligne de prudence. « Le scénario d’une baisse des taxes n’est pas envisagé à l’heure où on se parle », a affirmé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, tout en reconnaissant les tensions de trésorerie dans certains secteurs.
L’exécutif insiste sur ses contraintes budgétaires, rappelant qu’il n’a « plus les moyens du quoi qu’il en coûte » et qu’il doit maintenir le déficit public sous contrôle. Pour autant, « toutes les options sont sur la table », alors que l’issue du conflit reste incertaine.
Sur le plan diplomatique, les appels à la désescalade se multiplient. Emmanuel Macron a plaidé pour un moratoire sur les frappes visant les infrastructures civiles, notamment énergétiques, tandis que Donald Trump a jugé qu’Israël s’était « violemment emporté », tout en mettant en garde contre une nouvelle spirale de représailles.
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