Pétrole : Washington cherche à désamorcer la bombe des prix
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Pour les États-Unis, la partie est loin d'être gagnée : les mesures annoncées offrent au mieux un répit temporaire sur les prix du pétrole.
REUTERS - Nathan Howard
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Pour les États-Unis, la partie est loin d'être gagnée : les mesures annoncées offrent au mieux un répit temporaire sur les prix du pétrole.
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Aux quatre coins du monde, un même sentiment d’inquiétude se fait sentir. Mercredi 18 mars, à Washington, l’administration Trump a annoncé une série de mesures censées alléger la pression sur le marché pétrolier. Au programme : la suspension, pour 60 jours, du Jones Act, cette loi centenaire qui oblige les navires transportant du carburant entre ports américains à être construits et possédés par des citoyens des États-Unis. Une initiative symbolique, mais qui traduit surtout l’urgence de l’exécutif face à la flambée des prix.
Selon Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, cette mesure s’inscrit dans un effort plus large « visant à atténuer les perturbations à court terme sur le marché pétrolier ». La logique est claire : en autorisant des navires étrangers à opérer sur les lignes intérieures, on augmente la flotte disponible et, potentiellement, on réduit les goulets d’étranglement logistiques.
Les analystes de S&P Global rappellent qu’« une livraison typique » depuis le golfe du Mexique vers la côte Atlantique « peut coûter environ 3 à 4 dollars de plus par baril » lorsqu’elle est réalisée par un navire compatible avec le Jones Act plutôt qu’un pétrolier étranger.
Pour autant, les experts restent prudents. Colin Grabow, du Cato Institute, observe que « les incertitudes portent simplement sur l’ampleur » des effets du gel de cette loi. Josh Lipsky, de l’Atlantic Council, estime que la mesure est « trop modeste pour influencer les forces plus importantes à l’œuvre dans le Golfe ». Mais la durée de la dérogation, 60 jours, laisse présager un conflit qui pourrait s’éterniser.
Car le contexte international reste brûlant. Depuis les premières attaques menées par les États-Unis et Israël en Iran, le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole, est quasiment bloqué depuis plus de deux semaines. Les cours du brut ont bondi de près de 50 %, et la hausse se ressent à la pompe : un gallon d’essence (3,78 litres) coûte désormais 3,84 dollars contre 2,98 dollars fin février, selon l’association américaine AAA.
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Face à cette flambée, l’administration multiplie les gestes. Le Trésor américain continue de lever les sanctions économiques imposées au Venezuela, une initiative jugée bénéfique « pour les deux pays ». Donald Trump, qui avait assuré début mars que la hausse des hydrocarbures était « un petit prix à payer pour la paix et la sécurité » mondiale, semble faire volte-face. Il a temporairement levé certaines sanctions visant le pétrole russe et pressé les alliés de l’Otan et les pays du Golfe de rouvrir le détroit d’Ormuz.
Sur le plan intérieur, le vice-président JD Vance a tenté de rassurer. En visitant une usine du Michigan, il a déclaré : « Les semaines à venir s’annoncent difficiles, mais ce n’est que temporaire ». Mais pour les acteurs du secteur énergétique, le soulagement reste fragile. La suspension du Jones Act représente plus un signe politique qu’une solution structurelle. « Seule une fraction » des navires dans le monde répond aux standards de cette loi, rappelle Colin Grabow, et l’effet sur le marché, à court terme, pourrait rester limité.
À Téhéran, la rhétorique s’intensifie. En réaction à une attaque contre un site gazier iranien, le chef de la diplomatie iranienne a menacé de cibler d’autres installations énergétiques dans le Golfe, promettant un conflit aux « répercussions mondiales (...), sans distinction de richesse, de croyance ou de race ».
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Dans ce contexte d’incertitude, les gestes de Washington illustrent une réalité économique simple : chaque décision, même modeste, est scrutée par les marchés et par les consommateurs. Les prix s’emballent, les entreprises s’adaptent, et la volatilité risque de rester la règle plutôt que l’exception.
Pour les États-Unis, la partie est loin d’être gagnée. Les mesures annoncées offrent un répit temporaire, mais la flambée des cours et les tensions géopolitiques laissent entrevoir des mois difficiles pour l’économie et les consommateurs. Et si le pétrole est toujours le nerf de la guerre, il devient aussi, désormais, un baromètre impitoyable de la stabilité mondiale.
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