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ÉconomiePolitique internationale

Appel à l'aide de Trump pour libérer le détroit d'Ormuz : pourquoi ça coince

Photo de Marius Bocquet

Marius Bocquet

Publié le 17 mars 2026 à 16:11 - Mis à jour le 17 mars 2026 à 16:25

Emmanuel Macron et Donald Trump lors de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 23 septembre 2025.

Emmanuel Macron et Donald Trump lors de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 23 septembre 2025.

/FW1FP/Alison Williams - REUTERS - AL DRAGO - Alexander Drago

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Le président américain, Donald Trump, a vivement encouragé ce lundi « les autres pays à s'impliquer » avec les États-Unis dans la sécurisation du détroit d'Ormuz. Emmanuel Macron lui a opposé une fin de non-recevoir lors d'un conseil de défense à l'Élysée ce mardi.

Les faits. Emmanuel Macron a martelé ce mardi qu'il était hors de question pour la France de s'engager dans des « opérations » de sécurisation du détroit d'Ormuz « dans le contexte actuel » de « bombardements », mais qu'une fois la situation redevenue « plus calme », elle pourrait participer à des « escortes » de navires dans ce passage stratégique.

« Nous ne sommes pas partie prenante au conflit et donc jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel », a dit le président français, opposant une fin de non-recevoir à Donald Trump, au début d'un conseil de défense à l'Élysée ce mardi après-midi.

« Par contre, nous sommes convaincus qu'une fois la situation plus calme (…), c'est-à-dire une fois que le cœur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité d'un système d'escorte », a-t-il ajouté, en soulignant que cela « supposera (aussi) des discussions avec l'Iran ».

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Ce qu'a déclaré Donald Trump. « Nous encourageons vivement les autres pays à s'impliquer avec nous, et à s'impliquer vite et avec beaucoup d'enthousiasme », a dit lundi le président américain, qui veut rétablir la circulation dans cette artère vitale pour le commerce de pétrole, désertée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le dirigeant républicain, qui a déclenché l'offensive israélo-américaine contre l'Iran sans guère se soucier des alliés des États-Unis, a présenté sa demande d'aide comme une sorte de test de loyauté. « Le degré d'enthousiasme est important pour moi », a-t-il dit. « Nous n'avons besoin de personne », a assuré Donald Trump,

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Avant d'ajouter, à propos des pays de l'Otan en particulier : « Ils devraient bondir pour nous aider, parce que nous les aidons depuis des années. » Il a même jugé que la plus grande rivale des États-Unis, la Chine, « devrait (le) remercier » d'avoir engagé ce conflit. Interrogé lundi sur un appel passé avec Emmanuel Macron, Trump a déclaré : « Sur une échelle de zéro à dix, je dirais qu'il mérite un huit. » Avant d'ajouter : « Pas parfait, mais c'est la France. » Ce mardi, Donald Trump a qualifié d'« erreur vraiment stupide » le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux États-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz. Avant viser le Premier ministre britannique en disant qu'il a fait une « grosse erreur » en rejetant sa demande d'aide.

Comment réagissent les autres pays ? Personne ou presque ne « bondit », à l'exception de certains mystérieux pays dont Donald Trump assure qu'ils vont soutenir les États-Unis, mais en se refusant à les nommer. Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont écarté lundi toute mission de l'Otan pour rétablir la circulation maritime. Le Japon et l'Australie, alliés historiques des États-Unis dans la région Asie-Pacifique, ont exclu tout envoi de moyens dans le détroit.

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Pourquoi Trump peine à convaincre. « C'est vraiment une demande incroyable », commente pour l'AFP Philip Gordon, ancien conseiller pour la sécurité nationale de la vice-présidente démocrate Kamala Harris, désormais expert pour la Brookings Institution.

Il juge que Donald Trump récolte en quelque sorte ce qu'il a semé, à force d'imposer des droits de douane, de critiquer l'Otan, de convoiter le Groenland ou de minimiser voire de franchement nier les pertes subies par les alliés des États-Unis en Afghanistan par exemple.

« Imaginez que vous êtes un dirigeant européen qui doit justifier de risquer des vies humaines non seulement pour cette opération, mais pour un président qui n'a eu de cesse de vous insulter et de vous rabaisser depuis quinze mois. Cela va trop loin », juge-t-il.

« Les États-Unis lancent une guerre sans consulter leurs alliés et espèrent maintenant qu'ils viennent réparer les dégâts, cela ne va pas être bien reçu », abonde Erwan Lagadec, professeur à la George Washington University.

Les limites pratiques. Au-delà de la dimension politique, il souligne que la demande d'aide de l'hôte de la Maison Blanche se heurte aussi à des limites pratiques. L'Otan « n'a pas tant de capacités navales que cela », explique ce spécialiste en relations internationales, pour qui la situation n'est pas « sans ironie », car les capacités en question « étaient jusqu'ici destinées à être déployées dans une volonté d'apaisement face à Trump au Groenland ».

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Certains pays alliés des États-Unis « pourraient changer de ton ou proposer quelque chose de mineur, par exemple plus de soutien logistique », mais sans modifier fondamentalement leur position, prévoit pour l'AFP Liana Fix, chercheuse au Council on Foreign Relations.

Donald Trump a fait lourdement pression sur les pays de l'Otan pour qu'ils augmentent leurs dépenses militaires. Mais « de nombreux équipements militaires et missiles que (les Européens) avaient commandés auprès des États-Unis pour leur propre défense et celle de l'Ukraine sont maintenant utilisés en Iran », explique-t-elle.

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La réserve européenne face aux demandes du président américain concernant le détroit d'Ormuz « n'est pas un retour de bâton » pour les attaques passées, elle repose « sur des contraintes et arbitrages très concrets », souligne-t-elle.

(Avec AFP)

Marius Bocquet

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