Le tribunal de Valenciennes juge ce 6 janvier un organisateur de fraudes au compteur Linky ayant détourné des dizaines de milliers d'euros. Au-delà du fait divers, Enedis chiffre le coût global de ces vols à 275 millions d'euros par an. Cette délinquance énergétique pèse directement sur la facture des abonnés via une solidarité forcée.Le tribunal correctionnel de Valenciennes lève le voile, ce mardi 6 janvier, sur une économie souterraine qui fragilise directement l’équilibre du réseau électrique national. Un homme y répond de l’organisation d’un système de dérivation artisanale du courant, communément appelé « shunt », permettant d’amputer les factures d’électricité de 70 %. Pour un droit d’entrée facturé entre 200 et 400 euros, l’intéressé neutralisait les dispositifs de comptage de l’énergie. L’instruction porte sur 77 faits recensés entre 2023 et 2024, ayant permis au fraudeur de dégager un bénéfice de 19 250 euros. En miroir, le préjudice financier subi par le gestionnaire de réseau Enedis s’établit à 46 739 euros.
La facture de la fraude répercutée sur les abonnés
Le préjudice lié aux sabotages pèse lourdement sur la solidarité nationale. Enedis estime les pertes globales entre 250 et 275 millions d’euros par an. Or, ces kilowattheures volés ne disparaissent pas des bilans : ils sont réinjectés mécaniquement dans la facture globale. Chaque ménage français s’acquitte ainsi d’environ 8 euros par an pour compenser les fraudes de tiers.
La riposte s’organise depuis le centre de contrôle de Puteaux, où 250 analystes utilisent l’intelligence artificielle pour traquer les anomalies de flux. Les effectifs consacrés à cette surveillance doivent doubler en 2026. Sur le front judiciaire, le ton change radicalement. Les clients ne sont plus considérés comme de simples victimes de démarcheurs peu scrupuleux, mais comme des complices de vol. En durcissant les sanctions, la justice tente de briser un marché noir qui continue de prospérer sur les réseaux sociaux.