C'est une première revendiquée dans le milieu du gaz vert : à compter de ce mois de juin, les réseaux de gaz de GRDF et de l'opérateur local GreenAlp seront raccordés par une nouvelle boucle locale. L'enjeu : verdir la consommation de gaz urbaine l'été, tout en s'appuyant sur une production locale de biogaz en circuit court.Dans le monde du gaz, cela ressemble à une petite révolution. Confrontés à une baisse de la consommation du gaz ainsi qu'aux objectifs de décarbonation du secteur, encore massivement issu des énergies fossiles, les deux gestionnaires de réseau de gaz GRDF et GreenAlp ont conclu un partenariat considéré comme « inédit ».
En s'accordant sur la création d'un poste de raccordement au cœur de la métropole de Grenoble, les deux opérateurs inaugurent ainsi « pour la première fois en France » la possibilité de connecter deux réseaux de gaz différents, chapeautés par deux opérateurs privés.
Avec un objectif précis : celui d'acheminer du gaz vert, issu de la méthanisation, de ses lieux de production situés sur la plaine de la Bièvre, en Nord-Isère, vers un bassin de consommation urbain, celui de la métropole grenobloise et de ses 433 000 habitants.
« Nous avons tous les deux des enjeux croisés : avec, du côté de GreenAlp, un réseau de gaz local mais qui ne pouvait pas s'appuyer sur la méthanisation, tandis que chez nous, nous avions justement un enjeu de pouvoir acheminer le biométhane produit dans la Bièvre vers de grands pôles de consommation urbains », souligne Alexandre Guerra, délégué territorial Isère de GRDF.
Car avec 16 sites de production de biométhane, représentant plus de 200 gigawatts de production annuelle (issus de méthaniseurs agricoles, mais aussi installés sur des stations d'épuration, ou traitant des déchets provenant de l'industrie agroalimentaire), l'Isère se positionne à l'échelle régionale comme le premier département producteur, à la fois en nombre d'unités et en volume de production.
« A l'heure actuelle, ces volumes de biogaz ne représentent que 7% sur le réseau GRDF du département de l’Isère », observe Alexandre Guerra, qui rappelle qu'au niveau régional, 40% de la production gaz (gaz naturel et gaz vert confondus) est ensuite fléchée vers les usages résidentiels, le reste étant composé de l'industrie et du tertiaire.