Réunis à Dijon pour les Assises européennes de la transition énergétique, élus, experts et entreprises ont dressé un constat : les solutions pour décarboner les territoires existent, mais leur déploiement se heurte notamment à l'équation budgétaire.Alors que la France traverse un nouvel épisode de chaleur extrême, les 27èmes Assises européennes de la transition énergétique ont pris une résonance particulière. Réseaux de chaleur, production d’énergies renouvelables, électrification des mobilités, rénovation énergétique : les technologies sont désormais connues et éprouvées. La question n’est plus tant celle des solutions que de leur mise en œuvre. Pour François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon Métropole, les territoires sont aujourd’hui les véritables laboratoires de la transition. « C’est ici, sur le terrain, que se régleront les problèmes », a-t-il insisté lors de la clôture de l’événement, regrettant au passage l’absence de représentants gouvernementaux. « Cela montre la coupure qui existe entre cette technocratie parisienne et la vie réelle sur nos territoires, où l’on construit des solutions concrètes pour les habitants. »
Des collectivités sommées d’agir avec des moyens fragilisés
Cette capacité d’action locale ne masque toutefois pas les inquiétudes croissantes des élus. À Strasbourg, où le développement des réseaux de chaleur a bénéficié d’un soutien massif de l’Ademe, la vice-présidente de l’Eurométropole chargée de la transition écologique, Chantal Cutajar, a rappelé que « 82 millions d’euros ont pu être injectés dans les réseaux de chaleur » grâce à l’agence. « On ne peut pas continuer à nous demander de faire toujours plus et toujours mieux tout en détricotant ce qui fonctionne », a-t-elle alerté, alors que l’avenir de certains dispositifs d’accompagnement fait débat à l’Assemblée nationale en ce moment.
Derrière cette mise en garde se profile notamment le débat autour de l’avenir de l’Ademe, dont les financements et l’expertise sont jugés indispensables pour accompagner les territoires, notamment les plus modestes. Au-delà des moyens financiers, les Assises ont également mis en lumière de nouveaux défis techniques, comme le développement des réseaux de froid destinés à répondre à la multiplication des vagues de chaleur sans recourir massivement à la climatisation traditionnelle. Pour l’heure, « cette technologie n’est malheureusement pas encore assez fiable », déplore Chantal Cutajar.