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Energie et IndustrieEnergie

Guerre au Moyen-Orient : pourquoi le pétrole américain devient bien moins cher que le baril européen

Photo de Maxime Heuze

Maxime Heuze

Publié le 20 mars 2026 à 13:45

Alors que le Brent de mer du Nord touche les 110 dollars ce vendredi, le West Texas Intermediate (WTI) se maintient autour de 95 dollars.

Alors que le Brent de mer du Nord touche les 110 dollars ce vendredi, le West Texas Intermediate (WTI) se maintient autour de 95 dollars.

/FW1FP/Marguerita Choy - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

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Le WTI s’échange autour de 96 dollars ce vendredi quand le Brent de mer du Nord touche les 110 dollars. Une différence de prix qui vient de l’autonomie américaine en matière d’or noir et qui pourrait s’amplifier.

La fermeture du détroit d'Ormuz a provoqué la plus grande perturbation de l'histoire des marchés pétroliers mondiaux selon l'Agence internationale de l'énergie. Depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, les prix du pétrole brut ont bondi de 60 %.

Alors que l'Iran a endommagé, jeudi, des installations qui produisaient 17 % de la capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, Susannah Streeter, stratégiste en chef des investissements chez le courtier Wealth Club estime que « la perspective d’un conflit plus long et plus intense est de plus en plus prégnante ». Elle anticipe une baisse de l'offre d'environ 8 millions de barils par jour en mars, soit environ 8 %.

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Mais tous les barils ne sont pas touchés de la même manière. Alors que le Brent de mer du Nord touche les 110 dollars ce vendredi, le West Texas Intermediate (WTI) se maintient autour de 95 dollars. Si, avant le début de la guerre, l’écart entre le liquide américain et le Brent oscillait autour de 5 dollars, il a même dépassé les 17 dollars mercredi.

L’exception américaine

Comment expliquer cette différence ? « Le Brent reflète un marché global, directement exposé aux tensions géopolitiques et aux flux maritimes, notamment via des points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz », explique l’économiste de Cité Gestion, John Plassard, dans une note. À l’inverse, le WTI américain reste davantage ancré dans une logique domestique, dépendant des infrastructures et de l’équilibre entre production et stockage aux États-Unis.

Or, « aujourd’hui, le marché n’anticipe pas seulement du pétrole, il anticipe un risque géopolitique, et ce risque se retrouve d’abord dans le Brent », ajoute l’économiste suisse.

Un rééquilibrage incertain

Les choses pourraient cependant rapidement bouger… dans un sens comme dans l’autre. Plusieurs analystes s'attendent à ce que davantage de navires se dirigent vers les États-Unis dans les prochains jours pour charger du pétrole brut destiné à l'Europe. Un arbitrage qui ferait mécaniquement augmenter le prix du WTI et diminuer celui du Brent. Sauf qu’une rumeur a émergé ces derniers jours : les États-Unis pourraient interdire l’exportation de leur pétrole pour conserver des prix bas, ou taxer les exportations pour en réduire les volumes.

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Si l’administration de Donald Trump a répondu jeudi n’avoir « aucunement l’intention d’imposer des restrictions aux exportations de pétrole et de gaz », des analystes croient toujours à cette perspective. Dans cette perspective, Goldman Sachs a indiqué que toute augmentation des risques perçus de restrictions aux exportations américaines pourrait encore élargir l'écart entre le Brent et le WTI. De quoi creuser un fossé encore plus vaste entre les Etats-Unis et le reste du monde.

Maxime Heuze

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