Les factures de gaz pourraient s’alourdir de plusieurs centaines d’euros d’ici à 2030 en France, sous l’effet de la baisse des usages et de la hausse des coûts de réseau.Les factures de gaz des ménages français et espagnols pourraient fortement augmenter dans les années à venir, selon une étude publiée mercredi par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), réalisée avec plusieurs associations nationales de défense des consommateurs.
En France, la hausse pourrait atteindre 317 euros par an d’ici à 2030 par rapport à 2024. En Espagne, elle serait de 140 euros d’ici à 2040 et de 178 euros d’ici à 2050, d’après ces projections fondées sur les prix actuels du gaz et les données de régulateurs nationaux comme la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC).
L’étude met en avant un effet mécanique lié à la transition énergétique. En France, « l’étude prévoit une augmentation des prix de 53 % — due à la hausse des redevances de réseau et des taxes carbone — parallèlement à une baisse de 61 % de la consommation d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2024 ». Dans ce contexte, les coûts fixes du réseau, notamment son entretien, deviennent plus lourds à supporter pour chaque foyer restant connecté.
Enjeu social
Selon les auteurs, ces charges représentent déjà 27 % de la hausse anticipée. Le phénomène s’explique par une logique de base du système énergétique : moins il y a d’usagers, plus la facture individuelle augmente pour financer les infrastructures existantes. Cette évolution structurelle pose un enjeu social majeur. Les associations alertent sur un risque de fracture énergétique, les ménages modestes étant les plus susceptibles de rester dépendants du gaz, faute de moyens pour financer leur transition vers d’autres sources de chauffage.