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Energie et IndustrieEnergie

Le baril de pétrole passe la barre des 90 dollars

latribune.fr

Publié le 07 mars 2026 à 07:52

Vue aérienne des dépôts de pétrole brut à Al Ahmadi, au Koweït.

Vue aérienne des dépôts de pétrole brut à Al Ahmadi, au Koweït.

AK - REUTERS - Nicolas Economou

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Les cours du pétrole s’envolent à des niveaux inédits depuis 2023, sous l’effet combiné de la paralysie du détroit d’Ormuz et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Les cours du pétrole ont atteint cette semaine des sommets inédits depuis 2023, alors que les investisseurs s’inquiètent de la paralysie partielle des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a terminé vendredi à 90,90 dollars, en hausse de plus de 12 % sur la séance et de 35,63 % sur une semaine, un record depuis la création des contrats à terme sur le WTI en 1983. Le Brent, référence internationale, a clôturé à 92,69 dollars, en progression de 8 % sur la journée et de 27,88 % sur la semaine, après les premières frappes israélo-américaines sur l’Iran.

En quelques séances, les prix se sont donc renchéris de plus de 20 dollars, et la hausse depuis le début de l’année dépasse désormais 30 dollars. Le WTI se rapproche du seuil symbolique des 100 dollars, qu’il n’avait plus atteint depuis juillet 2022. « J’ai déjà vu ce genre de situation auparavant, mais celle-ci commence à prendre des proportions dramatiques », observe Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB. « Je crains vraiment les conséquences à long terme », ajoute-t-il, évoquant le risque d’une récession économique.

Détroit d’Ormuz

L’envolée des prix a été accentuée vendredi par les propos de Donald Trump, exigeant une « capitulation » de l’Iran, pays producteur majeur d’or noir. Mais le conflit a surtout paralysé le trafic dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % de la production mondiale.

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« Le marché passe d’une évaluation purement géopolitique des risques à une prise en compte des perturbations opérationnelles tangibles », soulignent les économistes de JPMorgan. Chaque jour de paralysie accroît la tension : « Chaque jour où le détroit reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage », explique Giovanni Staunovo, analyste chez UBS. Les capacités de stockage limitées dans les pays du Golfe font craindre « une rationalisation de la production de pétrole brut et une nouvelle réduction de l’activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient », prévient-il.

Pétrole russe

Certains pays ont déjà réduit leur activité : « L’Irak a déjà réduit son approvisionnement d’environ 1,5 million de barils par jour et le Koweït semble atteindre ses limites de stockage, le pays (...) fermant de fait la plupart de ses capacités de raffinage destinées à l’exportation », indiquent les experts de JPMorgan. Et même si le trafic via Ormuz reprenait, « il y aura un décalage avant la reprise de la production », souligne Ole R. Hvalbye.

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Face à ce risque de pénurie, la Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d’essence. Aux États-Unis, le gouvernement a autorisé pour un mois la livraison de pétrole russe sous sanction vers l’Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient perturbe directement les approvisionnements de New Delhi. La marine américaine escortera également les navires tentant de franchir le détroit « dès que ce sera raisonnable », a assuré le ministre de l’Énergie Chris Wright.

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« Cela pourrait faciliter la reprise du trafic, mais pas à l’échelle d’avant-guerre », préviennent les analystes d’Eurasia Group. Pour l’instant, la réaction des marchés reste « modérée » grâce à des stocks suffisants, qui « pourraient couvrir jusqu’à un mois de fermeture » du détroit d’Ormuz, estime Jason Gabelman, de TD Cowen.

Entre tensions géopolitiques et perturbations opérationnelles, le marché pétrolier se retrouve à la croisée des chemins : la volatilité devrait rester élevée dans les semaines à venir, avec un impact direct sur les économies dépendantes de l’or noir.

latribune.fr

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