Le baril à plus de 100 dollars a fait les affaires des producteurs européens de pétrole. Ils ont vu leurs bénéfices s’envoler au premier trimestre avec toutefois de fortes disparités.
Les résultats de TotalEnergies font débat. Et pour cause, alors que les automobilistes français voient leurs dépenses en carburant s’envoler, le géant pétrolier français a affiché un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros) au premier trimestre 2026. C’est une hausse de 52 % par rapport aux 3,9 milliards de dollars générés au premier trimestre 2025.
Mais si les « superprofits » de l’entreprise dirigée par Patrick Pouyanné font grand bruit, c’est loin d’être la seule entreprise du secteur à avoir bénéficié de la guerre au Moyen-Orient et du baril de pétrole au-dessus des 100 dollars. D'après les données compilées par Bloomberg, les analystes prévoient que les cinq grandes compagnies pétrolières afficheront des bénéfices cumulés de 19,2 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l'année.Et certains champions européens ont connu un trimestre particulièrement profitable.
Repsol et BP voient leurs profits plus que doubler
Deux entreprises ont vu leurs profits augmenter bien davantage que TotalEnergies. L’espagnol Repsol a notamment affiché un bénéfice net à 929 millions d’euros au premier trimestre. Un chiffre en hausse de 154 % par rapport aux 356 millions d’euros annoncés un an plus tôt.
Et ce n'est rien en comparaison des résultats de BP. Le bénéfice net du géant britannique s'affiche à 3,842 milliards de dollars sur le trimestre, contre 687 millions de dollars un an plus tôt. Il s'agit donc d'une hausse de 453 %.
Mais cette envolée des bénéfices est en réalité surtout un rebond. L'an passé, Repsol avait vu son bénéfice être divisé par plus de trois au premier trimestre. Ses récents résultats sont d'ailleurs toujours inférieurs aux 969 millions d’euros générés au premier trimestre 2024.
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Quant à BP, le géant britannique a connu une chute de 86 % de son résultat net sur toute l'année en affichant 55 millions de dollars de bénéfices en 2025. À titre de comparaison, TotalEnergies a lui connu une année 2025 bien moins catastrophique avec une chute de « seulement » 17 % de son bénéfice net sur cette période (en générant 13,1 milliards de dollars).
Face à la chute des profits de BP, Meg O'Neill a été nommée directeur général en avril pour redresser le groupe, moins rentable que ses concurrents depuis quelques années. Elle prévoit de réorganiser l'entreprise, en dissociant clairement ses activités amont et aval. Autrement dit, elle va séparer la prospection et l'extraction du raffinage et de la commercialisation.
Eni, le géant pétrolier qui ne profite pas de la hausse du pétrole
À l'inverse de tous ces acteurs européens du pétrole, l’Italien Eni n’a, lui, pas connu de grand retour de son bénéfice ces derniers mois. Au premier trimestre, le groupe pétrogazier affiche un bénéfice net ajusté (hors éléments exceptionnels) de 1,3 milliard d’euros. C’est inférieur de 7,6 % à son résultat publié un an plus tôt (1,4 milliard d’euros).
Pour expliquer cette mauvaise performance déroutante, Eni parle «d'effets de change défavorables (l'euro s'est apprécié de 11 % par rapport au dollar).» Mais, surtout, à l’inverse de ses concurrents, Eni a connu un «revenu exceptionnel en 2025.» Enfin, les suspensions de l'activité au Moyen-Orient ont eu «un effet limité», a précisé Eni, qui ne compte que 3% de sa production dans la région.
La hausse des bénéfices des pétroliers ne suit donc pas automatiquement les prix du carburant. Reste à présent à voir si le géant Shell - qui va publier ses résultats le 7 mai - a, lui aussi, profité de la hausse du prix du pétrole.