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Energie et IndustrieEnergie

La crise énergétique d'Ormuz provoque une ruée vers les énergies décarbonées

Photo de Mathieu Viviani

Mathieu Viviani

Publié le 28 mai 2026 à 10:15

Vue du logo de l'Agence internationale de l'énergie à Paris, France, le 15 décembre 2023.

Vue du logo de l'Agence internationale de l'énergie à Paris, France, le 15 décembre 2023.

Joe Bavier - REUTERS - Sarah Meyssonnier

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Dans un nouveau rapport, l'Agence internationale de l'énergie constate une accélération des investissements des États vers les énergies renouvelables et le nucléaire. En cause, la flambée des prix du baril liée au conflit en Iran. Explications.

Face à un choc énergétique inédit, les États s'adaptent et comptent davantage sur leurs ressources locales, notamment l'énergie verte. C'est ce que constate l'Agence internationale de l'énergie, dans un rapport publié ce jeudi matin.

Le propos de Fatih Birol, son directeur exécutif, est limpide : « Nous traversons la plus grave crise de sécurité énergétique que le monde ait jamais connue, et je pense qu’elle va remodeler les stratégies d’investissement à l’échelle mondiale, à l’instar des bouleversements majeurs qu’a connus le secteur de l’énergie après les chocs pétroliers des années 1970 ».

Et d'observer une « intensification des efforts » afin de diversifier les routes commerciales et les sources d’énergie. Notamment via le recours accru aux ressources nationales.

Ruée vers les énergies décarbonées

Tendance forte montrée par ces travaux : afin de réduire leur dépendance aux énergies fossiles, les États misent de plus en plus sur l'énergie décarbonée. Chiffre révélateur : sur les 3 400 milliards de dollars d'investissement énergétique mondiaux en 2026, environ 2 200 milliards sont consacrés aux réseaux électriques, au stockage, aux carburants à faibles émissions, au nucléaire, aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et à l’électrification des usages.

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Dans le détail, l'AIE estime que les investissements dans les renouvelables devraient atteindre environ 665 milliards de dollars en 2026, dont 365 milliards pour le solaire. Ceux dans le nucléaire « poursuivent leur reprise », affirme l'agence. Ils devraient dépasser les 80 milliards de dollars par an.

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Autre cible d'investissement importante : les réseaux électriques, qui capteront 550 milliards de dollars cette année, tandis que le stockage par batteries devrait bénéficier de 100 milliards.

Les investissements dans le pétrole diminuent

Les pays importateurs de pétrole se tournent donc vers des sources d’énergie « disponibles sur leur territoire », insiste l'Agence internationale. Si les renouvelables et le nucléaire en font partie, le charbon aussi. L'argent investi devrait atteindre 180 milliards de dollars, soit « leur plus haut niveau depuis 2012 » selon l'AIE.

En tout, près de 1 200 milliards de dollars vont être injectés dans le pétrole, le gaz naturel et le charbon. Une somme qui reste conséquente, mais qui diminue, les investissements pétroliers passant sous la barre des 500 milliards de dollars cette année. Cette baisse est la troisième depuis 2023.

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En cause, selon l'AIE, « l'incertitude » quant à la durée de la flambée des prix du baril, toujours aux alentours des 100 dollars. Mais aussi les contraintes d'approvisionnement, avec un détroit d'Ormuz toujours paralysé. Le « resserrement du marché des plateformes offshore » est aussi un problème, car il limite les investissements à court terme en dehors du Moyen-Orient.

La France veut s'électrifier massivement

Le « shift » énergétique mis en lumière par ce rapport fait écho à la situation de la France. Face à la crise énergétique d'Ormuz, le gouvernement a annoncé un nouveau plan d'envergure d'électrification des usages du pays.

Selon ce projet, l'électricité doit passer de 27 % actuellement à 38 % en 2035, grâce à la production abondante d'électricité d'origine nucléaire ou renouvelable. Quant aux énergies fossiles, elles devront représenter moins de 30 % de la consommation finale d'énergie de la France en 2035. Contre 60 % aujourd'hui.

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Des objectifs martelés par Emmanuel Macron ce mardi, à l'occasion d'une rencontre à l'Élysée avec des chefs d’entreprise du BTP, de l’industrie, des transports ou de l’énergie.

Le président de la République a ainsi appelé à une « mobilisation collective » « pour rendre le passage à l’électrique naturel et désirable » pour les Français. Parmi les grosses annonces de cette rencontre : le constructeur automobile Stellantis, qui va investir plus d’un milliard d’euros pour produire des véhicules électriques à Mulhouse.

Mathieu Viviani

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