La France produit beaucoup d’électricité et en exporte un cinquième, mais elle peine à convertir ses propres consommateurs. Fiscalité, investissements et délais de raccordement, les freins à l'électrification des usages étaient au cœur des débats du Solar Summit organisé par La Tribune à Bordeaux le 21 mai.
La France est passée d’une peur des coupures d'électricité en 2022 à une situation de surcapacité de production électrique. Car, désormais, l’électricité est disponible, et majoritairement bas carbone, mais la consommation ne suit pas. En quelques années, l'équation s’est paradoxalement inversée.
« Faire de l'électrification une grande cause nationale »
Une surcapacité que Jean-Paul Riquet, directeur de TotalEnergies en Nouvelle-Aquitaine, relativise : « Cette surcapacité est une chance dans le sens où elle protège les consommateurs des excès de prix, ce qui n’est pas le cas des énergies fossiles ». Alors même que les prix de l'essence et du diesel à la pompe devraient durablement dépasser les deux euros du litre.
Pour autant, Bénédicte Genthon, déléguée générale de l’Union française de l’électricité, souligne un non-sens :« Nous avons une énergie qui est à 60 % fossile et nous coûte 60 milliards d'euros d'importation chaque année. Dans le même temps, la France exporte un cinquième de sa production électrique ! »
Pourtant, selon l'UFE, les solutions techniques qui permettent d’électrifier les bâtiments, la mobilité et l’industrie existent. « Elles sont matures et compétitives la plupart du temps. Tout est aligné pour faire de l’électrification une grande cause nationale », avance-t-elle.
« Mais on ne s’est pas préoccupé d’électrifier l’industrie pendant plusieurs décennies. Jusque-là, décarbonation ne rimait pas avec électrification », tient à rappeler Raphaël Schellenberger, député du Haut-Rhin chargé d’une mission sur l’électrification de l’industrie.
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