L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection a jugé satisfaisantes les dispositions de sûreté retenues pour le projet d'enfouissement en couches géologiques profondes des déchets radioactifs les plus dangereux. Toutefois, de nombreuses étapes doivent encore être franchies et des éléments complémentaires être fournis avant que ce projet inédit à travers le monde ne puisse voir le jour.Le gendarme du nucléaire n’a sans doute jamais instruit un dossier aussi épais. Au terme de 30 mois d’examen d’un document constitué de 10 000 pages, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a validé la demande d’autorisation de création de Cigéo, le projet d’enfouissement à 500 mètres sous terre des déchets radioactifs les plus dangereux.
« C’est une étape cruciale qui a été franchie avec succès », s’est félicitée, lors d’une conférence de presse, Lydie Evrard, arrivée à la tête de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) il y a six mois. Cette « étape majeure et nécessaire pour poursuivre le projet », est cependant loin d’être «la dernière », souligne l’ex-directrice générale adjointe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), également passée par l’agence de sûreté nucléaire.
Les premiers stockages prévus à l'horizon 2050
Concrètement, l’avis rendu par l’ASNR valide les dispositions prises par l’Andra dans la démonstration de sûreté de Cigéo, censé voir le jour en Haute-Marne. Grâce à ce feu vert, l’Andra pourra soumettre le dossier à une enquête publique. Programmée pour l’automne 2026, celle-ci donnera lieu à un avis, indispensable à la publication du décret autorisant effectivement la création de ce dispositif de stockage inédit à travers le monde, mais aussi critiqué par certaines associations locales écologistes. « Ce décret n'est attendu que fin 2027, voire début 2028 », précise Lydie Evrard.
« Le début du terrassement est prévu en 2030, les creusements à partir de 2035, la construction du bâtiment nucléaire à partir de 2040, de même que le creusement des alvéoles pour les déchets de moyenne activité, puis 2045 pour celles dédiées aux déchets de haute activité », déroule Marine Levieux, qui a piloté l’instruction du dossier Cigéo. Un projet sur lequel elle travaille depuis douze ans. Selon ce calendrier prévisionnel, le stockage des premiers colis ne devrait débuter qu’à l'horizon 2050.