REPORTAGE. Face à l’envolée des cours boursiers de l’argent et aux besoins croissants liés à l’électrification des usages, l’usine de Vaudreuil (Eure) de Schneider Electric voit sa dimension stratégique prendre une nouvelle dimension. Elle est la seule usine au monde à savoir produire la poudre d’argent, élément critique pour la fabrication des contacteurs.« À l’échelle du groupe Schneider Electric, c’est une usine qui dispose d’un savoir-faire unique dans le monde », se félicite Aymeric Renaud, le directeur général de Schneider France, devant l’un des outils clés de ce site industriel, installé au Vaudreuil (Eure) depuis 1975. Cette usine, où s’affairent en 3×8 et sept jours sur sept 300 collaborateurs, est spécialisée dans l’assemblage des contacteurs qui agrémentent par dizaines les armoires électriques, et surtout elle dispose d’une expertise reconnue dans la fabrication de la partie « contact » de cet équipement.
De fait, l’usine située à une heure de Paris dispose d’une production essentielle pour mener à bien ses activités tirées par l’automatisation de l’industrie et la montée en puissance des centres de données : elle fabrique de la poudre d’argent pour les autres usines du groupe. Grâce à ce composant, elle fabrique en masse de petites pastilles d’argent, elles-mêmes fixées sur un support en cuivre, ce qui confère au contacteur sa capacité à faire circuler le courant électrique.
À l’aide de réacteurs chimiques et de centrifugeuses, l’usine tricolore de Schneider Electric produit 45 tonnes de poudre d’argent chaque année, soit l’équivalent de 74 millions de pastilles, sur une surface dédiée de 1 500 mètres carrés pour un total de 14 200 mètres carrés pour l’usine. « Nos usines chinoises nous sollicitent pour s’approvisionner davantage en poudre d’argent. Nous devons nous mettre en condition de produire plus », souligne Sandra Ferraguti, la directrice du site. Pour ce faire, le groupe a activé deux leviers à court et moyen termes.