L'institut Montaigne, dans un rapport dévoilé ce jeudi 4 décembre, revient sur le renouveau industriel de Dunkerque. S'il pointe du doigt la dépendance de ce territoire au marché de l'électro-mobilité, son développement pousse en revanche le think tank à proposer une nouvelle stratégie industrielle : des zones prioritaires de relance.À l'image des zones économiques spéciales chinoises, la France doit-elle définir des zones prioritaires de relance industrielle ? C'est ce que propose l'Institut Montaigne, dans un rapport de 190 pages publié jeudi 4 décembre, qui émet l'hypothèse de créer une douzaine de zones de la sorte sur un périmètre géographique défini. Sur celles-ci, il serait alors nécessaire de « concentrer les efforts et développer des régimes administratifs et fiscaux spéciaux », écrivent ses auteurs.
L'enjeu ? Créer des clusters industriels en attirant les investissements nationaux et internationaux par l'intermédiaire d'une fiscalité attractive. Le rapport propose ainsi d'instaurer dans ces zones prioritaires de relance industrielle la suppression de la C3S, un abattement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties ou encore une exemption des charges patronales sur les salariés qualifiés. Avec cette recette, composée au total d'une dizaine de recommandations, les auteurs espèrent multiplier des territoires en pleine croissance industrielle comme Dunkerque, fil conducteur du rapport basé sur des entretiens qualitatifs avec des acteurs locaux.
Cette commune portuaire du nord de la France, citée régulièrement en symbole de la réindustrialisation, semble avoir mangé son pain noir et peut désormais imaginer un avenir radieux. Selon l'Insee, le territoire d'industrie Dunkerque-Flandre a perdu 27 % de ses emplois industriels entre 2008 et 2021, contre une moyenne de 14 % pour les autres Territoires d'industrie. À la fin de l'année 2022, Dunkerque et ses environs abritaient 19 420 emplois dans l'industrie manufacturière, hors intérim. Aujourd'hui, ce chiffre semble être bien plus important.
Dépendance à l'électro-mobilité ?
En plus d'un potentiel investissement supérieur au milliard d'euros pour produire de l'acier décarboné, ArcelorMittal vient d'inaugurer à Mardyck une toute nouvelle usine d'acier électrique dédiée aux véhicules électriques. Il est ainsi question de 500 millions d'euros d'investissement et la création de 200 emplois directs. Verkor, qui doit inaugurer tout prochainement sa gigafactory de batteries, toujours pour la mobilité électrique, évoque 1 200 recrutements à terme.