ENTRETIEN. Le CEO de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF) révèle à La Tribune étudier un investissement de plusieurs centaines de millions d'euros pour produire des véhicules électriques dans son usine d'Onnaing.LA TRIBUNE. Vous allez réduire le rythme de production de votre usine située non loin de Valenciennes. Est-ce un signal inquiétant pour l’avenir du site ?
RODOLPHE DELAUNAY. Nous produisons actuellement un véhicule toutes les 58 secondes et nous allons passer à 65 secondes à compter du mois d’avril et ce, jusqu’en septembre. La dernière fois que nous avons changé l’agenda de travail, c’était en 2019, et c’est trop peu ! Nous devons le faire une fois par an pour maintenir une certaine agilité. Nous devions le faire en 2025, mais on nous a demandé de produire davantage de véhicules que prévu initialement ; c’était donc impossible. Cela va tout d’abord nous permettre de nous remettre dans une démarche d’apprentissage et d’amélioration continue, principe cher à Toyota. Nous allons donc renforcer l’avenir du site afin de gagner constamment en productivité.
Mais ne faut-il pas y voir un lien avec la crise de l’industrie automobile européenne, dans un contexte où de nombreux constructeurs enregistrent des pertes records et où des sous-traitants sont rayés de la carte les uns après les autres ?
Le marché est effectivement très fluctuant, mais nous produisons à Valenciennes deux véhicules très plébiscités par les consommateurs : la Toyota Yaris Cross et la Toyota Yaris. Par ailleurs, depuis 2024, nous produisons ici uniquement des véhicules hybrides, la technologie la plus appréciée des clients à l’heure actuelle.