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Energie et IndustriePolitique industrielle

Fibre Excellence placée en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois

Photo de Marius Bocquet

Marius Bocquet

Publié le 27 avril 2026 à 10:38

Fibre Excellence s'est déclaré en cessation de paiement le 15 avril et le site de Saint-Gaudens (275 salariés), au pied des Pyrénées, a cessé la production jeudi dernier. (photo d'illustration)

Fibre Excellence s'est déclaré en cessation de paiement le 15 avril et le site de Saint-Gaudens (275 salariés), au pied des Pyrénées, a cessé la production jeudi dernier. (photo d'illustration)

Rémi Benoit

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La société Fibre Excellence, propriétaire des deux dernières usines de pâte à papier de France, a été placée lundi en redressement judiciaire, avec une période d’observation de six mois pour trouver un repreneur, a annoncé le tribunal de commerce de Toulouse.

Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé le placement en redressement judiciaire de Fibre Excellence, qui possède les dernières usines françaises de pâte à papier et produit de l'électricité à partir de bois et de copeaux, rapporte France 3 Occitanie ce lundi.

Selon le tribunal, l'entreprise de 670 salariés est « dans l'impossibilité de faire face au passif exigible » mais « semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif ».

Le tribunal de commerce de Toulouse a ainsi fixé à six mois la durée de la période d'observation « pendant laquelle sera établi un bilan économique et social et des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l'entreprise dans le cadre d'un redressement ».

L'affaire renvoyée en chambre du conseil le 17 juin

France 3 Occitanie précise que le tribunal a renvoyé l'affaire en chambre du conseil à l'audience du mercredi 17 juin pour déterminer si Fibre Excellence a les capacités financières suffisantes à sa poursuite d'activité et au maintien de la période d'observation.

Selon l'antenne régionale, une délégation des représentants des salariés doit être reçue par la préfecture de Haute-Garonne en début d'après-midi ce lundi.

Fibre Excellence a déclaré dans un communiqué ce lundi que « l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire permet d’examiner les solutions susceptibles d’assurer la pérennité des activités et la préservation des emplois » et que ce dispositif constitue « le cadre le plus adapté pour organiser la poursuite de l’activité et favoriser l’émergence de solutions durables ».

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Les usines de Saint-Gaudens et Tarascon à l'arrêt

Pour rappel, l'entreprise s'est déclarée en cessation de paiement le 15 avril et le site de Saint-Gaudens (275 salariés), au pied des Pyrénées, a cessé la production jeudi dernier, l'usine ne disposant plus de stock de bois utilisable pour sa production.

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Fibre Excellence : l'actionnaire jette l'éponge, 700 emplois menacés en France

Côté provençal, à Tarascon (270 employés), la situation est identique et « on commence à arrêter l'usine dans la nuit de lundi à mardi », a confié un représentant syndical. Il n'y a « plus de trésorerie pour acheter du bois », a-t-il souligné pour expliquer cette cessation d'activité.

Le tribunal de commerce de Toulouse avait entendu mardi dernier direction et syndicats du groupe. Lors de l'audience tenue à huis clos, la procureure avait demandé au tribunal d'accorder à Fibre Excellence « deux mois d'observation ».

Un délai « trop court » pour Cédric Bye, élu CGT au CSE, auprès de France 3 Occitanie. « L'usine est arrêtée, donc pour prouver la viabilité, il va falloir commencer par pouvoir la redémarrer », sinon « je ne sais pas comment faire pour prouver qu'elle peut être rentable ».

Hausse des coûts

Fibre Excellence souligne que la décision du tribunal de commerce « intervient dans un contexte de dégradation rapide des conditions économiques de l’entreprise, marquées par un déséquilibre croissant entre le coût des matières premières, en particulier le bois, et les prix de l’énergie, dans un environnement international fortement concurrentiel ».

« Depuis la guerre en Ukraine, Fibre Excellence fait face à une évolution défavorable de ses paramètres d’exploitation, liée notamment aux conséquences de la crise énergétique en Europe et à une hausse des prix des matières premières », poursuit l'entreprise.

« La baisse récente des prix de la pâte à papier, combinée à la hausse continue du coût du bois, a généré un effet de ciseaux imparable accentuant ces déséquilibres. Dans ce contexte, le modèle économique combiné production pâte à papier / production électrique de l’entreprise s’est progressivement fragilisé », explique-t-elle dans son communiqué.

Carole Delga appelle l'État « à faire sa part »

Dans un autre communiqué publié ce lundi, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, qualifie la décision du tribunal de commerce de fixer à six mois la durée de la période d'observation de « soulagement ». « Ce répit sera de courte durée si nous n’agissons pas dès maintenant sur la trésorerie et sur l’avenir industriel de l’entreprise », déclare-t-elle.

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Fibre Excellence n'évitera pas la cessation de paiement

Carole Delga dit que la région Occitanie « est prête à rentrer au capital, à contribuer à la garantie des prêts, à solliciter des industriels, pour consolider la situation financière dès à présent », et « appelle l’État à faire sa part du chemin pour les 700 salariés, pour leurs familles, pour nos territoires, et pour l’avenir industriel de la France ».

L'actionnaire n'envisage pas d'investissement supplémentaire

Le gouvernement a récemment proposé de relever le tarif de rachat de l'électricité produite par Fibre Excellence (jusqu'à 20 %), accédant à une demande récurrente de la direction.

En contrepartie, il avait demandé à l'actionnaire de « couvrir les besoins de financement courant du groupe sur l'horizon d'un plan d'affaires (2030) », et de « procéder aux investissements nécessaires au développement de l'activité du groupe les prochaines années ».

Mais les représentants de l'actionnaire Jackson Wijaya, dont la famille dirige le géant indonésien de la papeterie mondiale Asia Pulp and Paper, avaient fait savoir qu'ils n’envisageaient pas d'investissement supplémentaire.

Marius Bocquet

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