Claire Balavoine, soeur de Daniel Balavoine : « Il a fait plus que n’importe quel homme ou femme politique »
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Claire Balavoine, en 2011.
LTD/DDM JEROME MANGENEY
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Claire Balavoine, en 2011.
LTD/DDM JEROME MANGENEY
LA TRIBUNE DIMANCHE — Quelle image Daniel Balavoine a-t-il laissée au Mali ?
CLAIRE BALAVOINE — Tous les anciens l’appellent « l’Africain ». Pour eux, il reste « un frère ». Ils me disent souvent : « Avec lui, il ne fallait pas rigoler… » Avant sa disparition, Daniel avait tenu à superviser l’installation des motopompes pour empêcher de possibles détournements au détriment des agriculteurs. Quand des militaires lui disaient : « Donnez-nous les motopompes, on va les installer nous-mêmes », il répondait : « Soit vous nous donnez les visas pour aller dans les villages, soit on les installe ailleurs. » C’est ce qui s’est passé lors d’une altercation avec le gouverneur de Gao. Daniel était venu pour une raison bien précise, il n’avait aucune raison de plier, même devant une kalachnikov.
Poursuivre son œuvre humanitaire était-il une évidence pour vous ?
C’était la volonté de son public. Au lendemain de sa disparition, nous avons reçu des milliers de lettres et des dons pour poursuivre son action. Depuis, nous avons acheminé 32 motopompes dans les régions de Gao et de Kidal. Chacune peut nourrir 2.500 personnes pendant vingt ans. Au total, 1.750 tonnes de riz sont récoltées chaque année. Nous finançons également deux écoles. Je tiens à préciser que l’Association Daniel Balavoine est partenaire avec les agriculteurs qui s’organisent en comités de villages. La démarche de Daniel n’était pas la charité, mais de rendre possible l’autosuffisance.
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Vous opérez dans une zone en proie à l’instabilité politique…
Notre action s’est un peu ralentie depuis que Vladimir Poutine finance le nouveau gouvernement militaire du Mali. À cela s’ajoute la menace de groupes djihadistes dans le Sahel. Mais le téléphone, le fax, les mails et les banques fonctionnent très bien. Nous allons également organiser un grand concert, le 21 novembre, au Dôme de Paris pour récolter des fonds afin de renouveler cinq motopompes.