Animation inventive pour toute la famille avec « Elfie et les Super Elfkins », retour très attendu dans les coulisses de la mode avec « Le Diable s’habille en Prada 2 », fresque musicale et émancipatrice dans « Vivaldi et moi », et souffle ample entre la France et la Guinée-Bissau dans « Dao » : découvrez nos critiques cinéma de la semaine du 29 avril 2026.
Elfie et les Super Elfkins (4⭐️/5)
Lutins ou Elfkins, c’est du pareil au même : des petits êtres craquants à souhait et aux charmants bonnets pointus. C’est ainsi que la petite Elfie et sa famille d’Elfkins décident un beau jour d’aider des humains en détresse, en l’occurrence la mère de Mira, couturière qui peine à terminer la commande d’une robe de mariée. Ils échappent à la policière Lanski et à son chat Policette. Puis, très vite, il sera question d’une légende sur des Elfkins diaboliques, une rencontre avec Bo, un lutin inconnu et peintre de son état, et ainsi de suite… Ainsi commence le nouvel épisode de leurs aventures après Les Elfkins en 2019, qui devrait réjouir toute la famille à partir de 4 ans. La réalisatrice Ute von Münchow-Pohl y déploie en effet un formidable talent et de conteuse et de graphiste.
Loin des discours niaiseux, Elfie et les super Elfkins développe et traite avec intelligence et sensibilité de thèmes comme la nécessité de rompre avec les clichés du passé, les beautés de la curiosité ou bien encore les bienfaits d’une technologie mise au service de l’humain et non l’inverse. Sans oublier quelques recommandations utiles à toutes et tous : prendre le temps de s’amuser et de pratiquer une activité artistique, si on le souhaite. Autant d’aspects abordés avec vivacité et accompagnés sur le même tempo trépidant par les musiques d’Alex Komlew ou de malicieuses reprises, par exemple celle de la BO de Mission : Impossible… On y pratique de plus un humour roboratif et inventif (« c’est elfkintastique », entre autres !) et on y cultive un art consommé des situations à rebondissements.
Cerise sur le gâteau, l’animation se révèle en elle-même particulièrement réussie et soignée, portée par des couleurs vives et une 3D idéale. Hors des standards du film d’animation traditionnel, Elfie et les super Elfkins cultive une vraie singularité, une exigence à toute épreuve et, plus encore, un respect absolu de son public même le plus jeune.
🍿 Elfie et les Super Elfkins, d’Ute von Münchow-Pohl, avec les voix françaises de Séverine Cayron, Martin Spinhayer, Claire Tefnin. 1h16. Sortie mercredi
Cecilia et le musicien (4⭐️/5)
Venise, 1716. La jeune Cecilia (Tecla Insolia) vit à l’Ospedale della Pietà, orphelinat et conservatoire réputé. Elle y reçoit une éducation musicale poussée et, avec ses sœurs d’infortune, joue masquée ou dissimulée pour les riches mécènes qui financent l’institution. Violoniste brillante, elle sait qu’elle devra arrêter la musique lorsque le comte Sanfermo, qu’elle doit épouser, rentrera de la guerre… Mais sa rencontre avec le nouveau maître de musique de l’hospice, Antonio Vivaldi (Michele Riondino), va bouleverser l’étroitesse de son destin. Pour son premier long-métrage, le réputé metteur en scène d’opéras Damiano Michieletto adapte avec une élégante rigueur formelle le roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa.
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Venise y est sobrement magnifié, les séquences musicales, expertes, et on entend çà et là, liées à des images splendides, les notes des concertos Les Quatre Saisons… Vivaldi, qui ne sera reconnu que deux siècles plus tard, s’est-il réellement inspiré de l’histoire de la rebelle Cecilia pour son chef-d’œuvre ? Une idée d’autant plus charmante qu’elle reste en sous-texte, Vivaldi et moi accordant toute sa lumière à cette trajectoire d’émancipation féminine émouvante.