En Italie, l'heure du test pour Giorgia Meloni
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La réforme controversée prévoit la séparation des carrières entre les juges et les procureurs
LTD/Reuters
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Le texte est un vieux cheval de bataille de Silvio Berlusconi. Et l’un des trois grands chantiers promis par le gouvernement de Giorgia Meloni. Aujourd’hui et demain, les Italiens vont devoir se prononcer par référendum sur une réforme constitutionnelle de la justice. En campagne à Milan, le 12 mars, la Première ministre d’extrême droite a agité la menace que, en cas d’échec « on se retrouvera avec des décisions encore plus surréalistes. […] Des immigrés clandestins, des violeurs, des pédophiles, des dealers remis en liberté ». La virulence du discours en dit long sur les enjeux de ce scrutin.
La réforme controversée prévoit la séparation des carrières entre les juges et les procureurs, empêchant le passage d’une fonction à l’autre. Elle scinde aussi le Conseil supérieur de la magistrature en deux, avec des membres tirés au sort, et confie les procédures disciplinaires à une autorité externe. Le projet divise jusqu’au sein de l’appareil judiciaire.
D’un côté, des figures comme l’ancien juge constitutionnel Sabino Cassese et le magistrat Antonio Di Pietro, symbole de la lutte anticorruption dans les années 1990, le soutiennent. De l’autre, les célèbres procureurs antimafia Nicola Gratteri et Antonio « Nino » Di Matteo appellent à voter « non ».
L’exécutif avance que la loi réduira le poids des courants politiques au sein de la magistrature. Ils « ont compromis sa crédibilité, son prestige et son autorité », a affirmé Giorgia Meloni la semaine dernière. Les opposants estiment que le texte ne résout pas les vrais problèmes de la justice comme le manque de personnel et la lenteur des procès. Ils redoutent aussi une dérive illibérale : le gouvernement diviserait la magistrature pour mieux la contrôler.
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