La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni semble cultiver l’ambiguïté face aux provocations du président américain au sujet des droits de douane.
Habituée des prises de position tranchées et des discours incisifs, Giorgia Meloni semble avoir perdu de sa fougue face aux provocations de Donald Trump sur les droits de douane américains.
Depuis des mois, la présidente du Conseil italien appelle à rester calme et à éviter les réactions « sous le coup de l'émotion ».« L'Italie donne l'impression de ne pas vouloir s'exposer », observe Filippo Simonelli, chercheur au sein de l'Istituto Affari Internazionali, centre de réflexion romain.
Fin mai, alors que le président américain menace d'assommer l'UE avec une taxe à 50 %, devant le patronat, la dirigeante d'extrême droite préfère s'en prendre aux « droits de douane internes » à l'Europe, dus aux divergences de normes entre les pays membres.
Le « made in Italy » menacé ?
Un mois plus tard, en marge du sommet de l'Otan, elle fait tiquer les milieux économiques en affirmant qu'« un taux à 10 % ne serait pas particulièrement impactant ». Même Emanuele Orsini, président de la Confindustria (le Medef italien), proche de Giorgia Meloni, prend ses distances : « Considérer ces taxes soutenables serait une grande erreur », a-t‑il rétorqué.
De fait, avec 64,7 milliards d'euros de biens et services importés en 2024, les États-Unis sont les deuxièmes plus gros acheteurs du made in Italy (10,4 % des exportations italiennes). Faisant de la péninsule le deuxième pays le plus touché, après l'Allemagne, par de nouvelles barrières douanières punitives contre l'UE.
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