Trois ans après son arrivée en tant que Première ministre de l’Italie, Giorgia Meloni a réussi à stabiliser la troisième économie européenne. Mais de grands défis restent à relever.
22 octobre 2022 : Giorgia Meloni prend officiellement le poste de présidente du Conseil des ministres italien, autrement dit de Première ministre, une première pour une femme. À la tête d’une alliance entre la droite et l’extrême droite, emmenée par son parti post-fasciste Fratelli d'Italia qu’elle préside depuis 2014, elle a gagné son fauteuil en remportant largement des élections parlementaires anticipées, à la suite de la décision du président Sergio Mattarella de dissoudre les deux chambres du Parlement italien sur fond de crise gouvernementale.
L’Italienne d’alors 45 ans – elle est née à Rome en janvier 1977 – arrive donc au pouvoir dans un pays en crise politique, endetté jusqu’au cou, asphyxié par une inflation à deux chiffres et un chômage élevé qui commencent à peser sur sa croissance. Trois ans plus tard, si la situation a globalement évolué de façon positive sur le plan économique, la Botte a encore des obstacles à surmonter.
Croissance chahutée
Lorsque Giorgia Meloni prend les rênes de l’Italie, le pays affiche une croissance de 4,8 % de son produit intérieur brut (PIB), selon les chiffres de la Banque mondiale. Un niveau supérieur à la moyenne des autres membres de l’Union européenne (3,5 %), que ne peuvent qu’envier les deux plus grandes économies du Vieux Continent que sont la France (2,6 %) et l’Allemagne (1,4 %).
La croissance italienne va néanmoins rapidement déchanter. Elle tombe à 1 % en 2023, un chiffre récemment révisé à la hausse de 0,3 point. Si c’est toujours au-dessus de la moyenne de l’UE (0,5 %), cela reste très faible. Et c’est même pire l’année suivante (0,7 %), quand celle du bloc des Vingt-Sept remonte (1 %).
Aujourd’hui, la croissance italienne n’est pas au beau fixe. Au deuxième trimestre 2025, dernières données disponibles, elle s’est affichée en repli (-0,1 %) contre 0,2 % sur l’ensemble de l’UE, d’après Eurostat. La cause à un recul des exportations suite à la hausse des droits de douane américains sur les produits européens, dont italiens. Dans ce contexte de guerre commerciale, le gouvernement italien a divisé par deux, début avril, ses prévisions de croissance pour l'année 2025. Il table sur une progression annuelle du PIB de 0,6 %, contre 1,2 % attendu précédemment, et 0,7 % pour 2026, contre 0,8 % jusqu’alors.
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