« Rock Nazionalista ! » Un morceau du groupe rock italien Hobbit résonne dans l’arrière-salle du bar de la Comunità Giovanile, à Busto Arsizio, près de Milan. Sur les murs défraîchis de ce refuge de la jeunesse identitaire locale, entre un texte antiavortement et des dessins de Vikings tirés d’une revue d’extrême droite, des affiches annoncent le thème de la soirée : « Remigration, maintenant ! ».
Ultime étape d’une tournée organisée à travers le pays, le comité Remigrazione e Riconquista (Remigration et reconquête) est venu présenter vendredi 5 juin son projet de loi portant sur ce concept cher à l’extrême droite de renvoi des immigrés non européens dans leur pays d’origine. Le projet en dix points prévoit notamment une prime pour inciter les étrangers à rentrer dans leur pays d’origine, l’expulsion des personnes migrantes irrégulières, et celle des Italiens naturalisés condamnés par la justice.
Avant de démarrer la soirée, le public observe une minute de silence pour Henry Nowak. L’étudiant de 18 ans est mort en décembre à Southampton en Angleterre après avoir été poignardé par un jeune homme sikh. Suspecté d’être l’auteur d’une attaque raciste, l’étudiant a été menotté par la police et a succombé à ses blessures. Une vidéo rendue publique il y a quelques jours a montré qu’il était en fait la victime. Depuis, l’affaire est instrumentalisée par l’extrême droite britannique et italienne.