Seconde personnalité politique préférée des Français (baromètre Ifop/Paris-Match), l'ancien président de la République a partagé sa vision de la société française à l'occasion de l'événement The Village organisé mardi par La Tribune et La Tribune dimanche à Marciac.
À neuf mois du premier tour de l’élection présidentielle, François Hollande ne cache plus son envie d’être candidat en 2027, près de dix ans après avoir quitté l’Élysée. «J’ai déjà été président, je connais la fonction, je l’ai remplie. Je peux être utile, mais je ne veux pas être un candidat de témoignage », avait-il assuré la semaine dernière devant ses soutiens réunis au Sénat.
Dans le sillage de ce come-back, le député de la première circonscription de la Corrèze a partagé sa vision de la société française à l’occasion de l’événement The Village organisé ce mardi 21 juillet par La Tribune et La Tribune dimanche à Marciac (Gers).
« La France d’aujourd’hui est extrémisée. Si on n’en prend pas la mesure, on ne peut pas être prêts pour ce qui va se produire l’année prochaine. Pour la première fois en France, il y a 50% du corps électoral qui se détermine par rapport à une extrême droite et par rapport à une gauche radicale. Nous ne sommes plus dans le système traditionnel où la gauche et la droite se succédaient mutuellement et où il y avait une forme de continuum, même si on pouvait le contester, entre les forces républicaines.
C’est tout le paradoxe car la France, même plus divisée et fragmentée, aspire à la cohésion et à la réconciliation. Et donc face aux forces qui vont appeler à la division, il faudra que les mouvements républicains, de gauche ou de droite, appellent à l’unité au rassemblement », analyse François Hollande.
La France, même plus divisée et fragmentée, aspire à la cohésion et à la réconciliation
Celui qui est classée deuxième personnalité politique préférée des Français dans la dernière vague du baromètre Ifop/Paris-Match, a remémoré l’épreuve la plus cruelle de son quinquennat, les attentats de Paris en 2015 : « Ce qui m’avait rassuré, c’est que nous avions fait bloc. Nous avions tenu bon. Il n’est pas sûr que si cela surgissait encore aujourd’hui, nous ayons la même attitude et le même rassemblement […] Il y a quand même un risque dans notre pays de manquement à des principes républicains et de violation de l’état de droit. On n’est pas dans une démocratie aussi simple, aussi limpide que celle que nous avons connue précédemment. »
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Des dissensions également observées par le politologue Brice Soccol, co-auteur du livre Parlons-nous tous la même langue : « La société française a été fracturée par une succession d’événement : 1992 et le traité de Maastricht, 2015 avec toute la période des attentats, les vagues migratoires en Europe, le Brexit, le Covid, la crise en Ukraine… Les Français ont besoin d’être rassurés et il faut redonner du poids aux corps intermédiaires, les syndicats, les associations, qui ont été oubliés depuis 2017. »
François Hollande est intervenu à Marciac dans le Gers à l'occasion de l'événement The Village organisé par La Tribune. (Crédits : Frédéric Scheiber)
Un projet européen face aux bouleversements mondiaux
Pour sa part, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, relève que « la dissolution de 2024 a été une fracture dans l’esprit des Français » :
« La violence de cette décision a été très forte. Organiser des élections en trois semaines, a été perçu par les Français comme une extrême déstabilisation et du saut dans un monde inconnu où l’on n’avait pas le temps de pouvoir construire un vrai débat. Cela a été vécu comme une violence supplémentaire dans un contexte géopolitique extrêmement menaçant. Le changement climatique est aussi violent. Nous avons connu depuis un mois trois canicules sur l’Occitanie, les incendies se multiplient.
Il faut être conscient que la présidentielle est l’élection socle pour la République française. Il faut redonner espoir. Ce pays ne sommeille pas par manque d’imprudence mais il est en train de s’abîmer par manque de volontarisme. Pour 2027, nous devons avoir un projet européen face aux États-Unis, à la Russie et la Chine.»
Une vision européenne partagée par François Hollande. « Alors que notre allié est devenu un concurrent pour ne pas dire un adversaire, que nous sommes menacés par les produits chinois et face à l’agression russe, la France doit s’inscrire dans une défense européenne. Face au réchauffement, il faut un projet commun de transition énergétique, écologique et industrielle qui va générer des emplois supplémentaires. Et puis enfin, il faut mettre la priorité sur la jeunesse et l’enfance. Lorsqu’une société vieillit, il faut la mobiliser sur la génération qui arrive », conclut l’ancien président.