Ils savaient, ils s’y étaient préparés. L’assassinat du leader du Hamas par une frappe ciblée de l’État hébreu en plein cœur de Téhéran en juillet 2024 et la guerre de douze jours en juin dernier, avec des raids sur les sites nucléaires iraniens et l’élimination de hauts commandants, avaient montré à quel point l’Iran était infiltré. Les dirigeants du corps des Gardiens de la révolution islamique (pasdarans, en farsi), colonne vertébrale du régime, se savaient menacés par Tel-Aviv et Washington.
« Vu la montée des pressions avec l’arrivée de la flotte américaine et l’échec des négociations, le régime avait compris l’imminence d’un nouveau conflit, explique l’historien Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran. Pour absorber le choc de nouvelles décapitations, il a mis en place une sorte de décentralisation. Toute une série de factions des Gardiens sont ainsi devenues beaucoup plus autonomes dans la prise de décision. »
Les Gardiens, qui seraient entre 150.000 et 200.000 selon les estimations, suivent aujourd’hui des plans établis avant le déclenchement de la guerre. Ainsi, malgré la mort de leur chef, Mohammad Pakpour, il y a huit jours, il n’a fallu que quelques heures aux Gardiens de la révolution pour riposter aux premières frappes israéliennes et américaines, lançant missiles balistiques et drones sur Israël, le Qatar et Bahreïn.
Si l’armée régulière iranienne se concentre sur la protection des frontières du pays, les Gardiens de la révolution, classés comme terroristes par l’Union européenne, sont au cœur du pouvoir. Et ce sont bien eux que ciblent les Israéliens et les Américains. Depuis la création de leur corps en 1979 par l’ayatollah Khomeyni, les pasdarans ont étendu leur pouvoir, au point d’être considérés comme un « État dans l’État ».