La France se retrouve-telle embarquée dans la guerre qui embrase le Moyen-Orient à son corps défendant ? Avec la mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion, sous-officier d’élite du 7e bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Varces, en Isère, touché par une frappe de drone Shahed dans la nuit de jeudi à vendredi, les organisations chiites irakiennes ont voulu envoyer un signal fort. On ne sait pas si le groupe qui a frappé la base de Mala Kara, à proximité d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, est le même que celui qui, dans la foulée, a annoncé vouloir « cibler tous les intérêts français en Irak et dans la région », en représailles au déploiement du Charles-de-Gaulle, mais le lien semble évident.
Le porte-avions est déployé en Méditerranée orientale depuis lundi 9 mars. L’accompagne un groupe aéronaval (GAN) composé de frégates françaises mais aussi espagnole, italienne et néerlandaise. « Une posture strictement défensive », selon le contre-amiral Haudos de Possesse, commandant du GAN, qui a tenu à préciser que les 20 Rafale embarqués « ne volent ni en Irak ni en Syrie ».
Les militaires français ciblés au soir du jeudi 12 mars appartiennent, eux, à l’opération Chammal, déployée en Irak depuis 2014 pour lutter contre Daech. Les six rescapés, dont trois sont encore dans un état grave, sont arrivés samedi 14 mars en France et ont été transférés à l’hôpital militaire de Percy. Depuis 2022, les Français ne mènent officiellement plus d’opérations au sol dans cette zone mais sont chargés de la formation des peshmergas kurdes. « Mais nous ne faisons pas que cela, corrige l’artilleur Guillaume Ancel, colonel à la retraite. Dans ces circonstances, nos formateurs font de l’accompagnement au combat, il ne faut pas se leurrer. »