Dans la droiteligne des missions menées sur place par les pères Jaussen et Savignac au début du XXe siècle, les archéologues français ont, en effet, été les premiers à éditer des publications scientifiques sur les richesses exceptionnelles de la vieille ville nabatéenne de Hegra.
Dès les années 1970, l’IGN cartographie et numérote les centaines de tombes bâties par les caravaniers à partir du Ier siècle avant J.-C. À partir de 2002, une mission emmenée par l’historienne et archéologue Laïla Nehmé ouvre de nouveaux chantiers, en particulier celui de Dadan, capitale d’un royaume « autochtone » encore antérieur à celui des nomades nabatéens.
« À l’époque, l’immense potentiel archéologique du site, qui était encore fermé au public, n’avait pas été exploité, se souvient Ingrid Périsse, directrice de l’archéologie et du patrimoine au sein l’Agence française pour le développement d’Al-Ula (Afalula) depuis 2019. La plupart des Occidentaux se montraient assez frileux lorsqu’il était question de conduire des fouilles en Arabie saoudite. »
À bien des égards, les travaux des équipes qui se sont succédé sur place ont contribué à affermir l’amitié franco-saoudienne par leur capacité à mettre en lumière la profondeur historique de ce jeune pays. « Ils ont incontestablement constitué le socle fondateur de l’agence », reconnaît d’ailleurs volontiers son président, Jean-Yves Le Drian.
Il y a 2500 ans, des caravaniers nabatéens ou araméens ont gravé dans la pierre des centaines d’inscriptions « pour appeler la pluie ou rendre hommage à leurs divinités ». (Crédits : LTD/AFALULA/RCU)